Issue d'une Sacrée famille

Tentons d’être sereines

Même si les cimes ont accueilli deux des nôtres, tentons d’être sereines.

Avec les montagnes pour seul domaine, terrain de jeu rêvé pour leur éternité, ils se délectent certainement. S’asseyent au rebord et, nous contemplant, sortent un canif et se coupent une belle part de saucisson. (A manger obligatoirement avec un morceau de pain, hein, car ce n’est pas l’absence corporelle qui justifierait pareil sacrilège que de manger du fromage ou du saucisson sans le pain obligatoire).

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Oui, ils se délectent certainement.

A droite, une montagne à gravir. A gauche, une magnifique arrête qui les titille et, droit devant, s’étendant jusqu’aux confins de tous nos horizons, un sommet recouvert de neiges éternelles.

sommet des dieux

Nous, en bas.

Tellement en bas que cela fait mal. Tellement en bas que cela meurtrit la chair, éclate le cœur et bousille le cerveau. Tellement en bas qu’on en a hurlé parfois et qu’on en hurlera encore.

MAIS.

Tentons d’être sereines.

Car leur joie de vivre nous a irradiées pendant tant et tant d’années que cela ne pourrait s’arrêter. Ce serait trop impensable.

Car leur philosophie de vie nous a tellement éclairées que cela ne pourrait disparaître.

Allant jusqu’à les transmettre à leurs filles.

Cette joie de vivre, cette philosophie, cet optimisme, on peut à présent les détecter dans leur sang – c’est génétique (l’un d’eux dirait « C’est scientifique ») – elles portent en elles la part d’eux qu’ils ont léguée.

Tentons d’être sereines.

Parce que nous avons eu l’immense privilège d’être de leur Clan. Le clan des hommes bons. Des êtres à part. Des hommes d’exception.

Des hommes d’exception qui ont su, jour après jour, prendre soin de leurs femmes d’exception.

Tentons d’être sereines.

Car avoir vécu dans leur sillage a fait de nous des femmes de lumière. Une lumière scintillante qui ne nous quittera jamais plus, même dans la tourmente, même dans ces torrents de tristesse qui, comme en montagne, se heurtent à des pierres sans jamais perdre de leur puissance.

Tentons d’être sereines.

Car c’est ce qu’ils auraient voulu, tout simplement.

drapeaux de prières

 

Sportive de haut niveau

Bouge ton boule

« Etre au régime, ce n’est pas une mince affaire« , ai-je déclaré à mes collègues ce matin dans un éclair au chocolat de lucidité.

Cette phrase, on peut le dire, est une sorte de fulgurance.

« Oui oui, je suis en pleine crise d’inspiration »

Ce qui n’est pas simple, c’est que c’est une question de mathématique et de bon sens : il faut éliminer plus de calories que ce que l’on en ingurgite. CQFD.

Mais dans mon cas, je devrais faire trois triathlons par semaine et un marathon chaque weekend pour parvenir à un équilibre satisfaisant.

Impossible ?

OUI.

Car cela demande du temps. Et du temps, bien entendu, je n’en n’ai pas.

Ce n’est donc pas le courage ou les capacités qui me manquent, mon amour pour le sport étant de notoriété publique.

« Allez Ginette, on sort le turban en mousse »

Si je n’ai certes pas assez de temps pour embrasser une carrière de coureuse d’extratrail, je peux tout de même me mettre en mouvement.

C’est toujours ça de pris, c’est bon pour le cœur, c’est bon « pour ce que j’ai » et, comme le disait la Compagnie Créole : « C’est bon pour le moral ».

J’ai donc enfilé mes baskets, direction le halage. Et hop hop hop, je me suis mise à courir telle un cabri (ou telle une antilope, c’est comme vous voudrez). Traduisez : avec grâce et assurance.

Je sais que je suis faite pour le sport. C’est génétique. Mes parents sont sportifs. Et puis, quand j’étais adolescente, j’étais la baby-sitter des enfants Borlée. Ca compte, ça, non ?!

Allez hop, go to the ligne d’arrivée.

« J’aime bien quand les Romains m’applaudissent »

Diététicienne

Je grossis

Je grossis.

A vue d’œil.

Comme un soufflé au fromage. Ou comme le bonhomme Michelin, mais sans les rainures.

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« Micheline ? Oui, c’est moi »

J’ai décidé que cela ne pouvait plus durer. Qu’il était temps de me reprendre en main.

Je me suis rendue chez une nutritionniste.

« Apprête-toi à souffrir, chérie »

Elle m’a pesée.

Sa balance affichait au moins trois kilos supplémentaires par rapport à la mienne. Tricherie éhontée.

Elle s’est penchée pour regarder le chiffre (astronomique) et a déclaré, tout en regardant ses petits graphiques d’IMC : « Vous êtes obèse ».

Et là, je dois bien avouer que ça ne m’a pas plu. Pas plu du tout.

« Je suis seulement enrobée »

Ensuite, elle m’a mesurée d’un peu partout. Même du poignet.

Comme j’étais un rien nerveuse, j’ai tenté un peu d’humour en disant que je serais très heureuse de perdre des poignets.

C’est fou ce que mon humour peut être incompris, parfois, parce qu’elle m’a répondu que c’était pour se faire une idée de ma densité osseuse. Alors là, je n’ai pas lâché l’affaire (apparemment je tenais vraiment à me donner en spectacle) et je lui ai dit : « Je sais que si je pèse autant, c’est parce que j’ai de gros os ».

Là, il a régné un silence vaguement humiliant.

J’ai su que ma nutritionniste n’était pas réceptive à mon humour.

« C’était pourtant très très comique, Monique »

Après, elle m’a tendu mon régime alimentaire.

Il fallait cocher les cases avec ce que l’on mangeait. il y avait une colonne supplémentaire en bas : « Dans cette colonne là, vous notez ce que vous avez mangé en plus. Les excès. Par exemple, si vous mangez deux noisettes, vous les notez ici ».

« Chiche que j’en mange deux et demies »

Oui, elle a vraiment donné l’exemple de DEUX NOISETTES.

Comment lui dire ?

Tu vois, Madame-le-Médecin-nutritionniste, si je suis si obèse enveloppée, c’est que je suis capable d’engloutir neuf Dinosaures russes pour le dessert.

 

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Le père, la mère, la fille, et même le gros bébé joufflu, ils peuvent tous tomber dans le gouffre sans fond qu’est mon estomac.

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« Je crois qu’on va servir d’en-cas à Nathaliochka »

Tu vois, Madame-le-Médecin-nutritionniste, les choux à la crème de la Maison des desserts, je peux m’en sniffer des rails entiers avec mon amie Pascale.

« C’est chou d’être aussi bon »

Tu vois, Madame-le-Médecin-nutritionniste, je ressemble à ça quand je suis seule le soir dans ma cuisine (sauf que je n’ai pas une coupe de cheveux aussi merdique).

1148672272_small« A fond la nutrition »

Alors, vois-tu, tes deux noisettes en excès, elles me font vraiment RIRE.

Elles me font me plier en quatre.

Elles me font me tordre en deux.

« Véridique »

Bref, vous l’aurez compris, je suis sortie de chez la nutritionniste hilare.

Et obèse.

grossbouffe« Grosse Bouffe a faim »

Célibattante

Un vendredi soir sur la Terre

Je ne voudrais pas jouer ma Bridget Jones, mais il est vrai que parfois, un fossé se creuse entre les amies « en couple et fières de l’être » et les « célibataires au bout du rouleau« .

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Là, par exemple, je suis bien au bout du roll. J’ai même touché le carton.

Ce fossé se fonde sur un immense malentendu. Il se creuse sur base de ce que j’appellerais « la vie fantasmée ».

Et ce fossé se creuse surtout le vendredi soir.

Prenons pour exemple : moi-même (célibataire au bout du rouleau) et ma copine Charlotte (en couple et fière de l’être).

Piochons un vendredi dans le hasard de l’existence (vendredi dernier fera l’affaire) et décortiquons-le ensemble afin de faire apparaître le fossé fantasmagorique que je vous évoque.

La semaine de travail est enfin terminée. J’ai rangé ma perforatrice, arrosé mon cactus et nettoyé mon Tupperware. Jusque là, Charlotte et moi sommes sur un pied d’égalité puisqu’elle vient d’accomplir les mêmes tâches ou à peu près.

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« 16h30. Administration communale »

Là où commence l’écart, c’est que, tout en fermant mon bureau à clé, je pense à elle avec un soupçon d’envie.

Je me dis qu’elle a beaucoup de chance : elle va passer un vendredi soir tranquille avec son amoureux. Une fois qu’ils auront mis les enfants au lit, ils s’installeront dans le jardin avec un petit verre de vin blanc et observeront les étoiles en se racontant leur journée.

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« Elle s’est bien passée, ta réunion, Donovan ? »

Alors que moi…

Je regarde Alf en mangeant le reste de ma pizza d’hier sans même avoir pris la peine de la réchauffer au four à micro-ondes.

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Je me dis que la vie de Charlotte est quiétude, elle est comblée, elle a de magnifiques enfants, une maison digne de la revue « mon jardin ma maison », elle a un caniche géant qui s’allonge à ses pieds, un mari qui sait planter des clous et déboucher des tuyauteries. Cette nuit, elle sera aimée et, au réveil, elle trouvera un petit plateau sur lequel seront posés des croissants, des œufs sur le plat, un jus d’oranges pressées. Le plateau sera peut-être même garni par une fleur sauvage déposée dans un verre.

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« Diantre que ces enfants sont turbulents »

Charlotte, quant à elle, est secrètement jalouse de ma vie de célibataire. Elle pense drague et débauche. Elle pense luxure et chasse à l’homme. Elle pense retour aux aurores, un type à chaque bras. Elle pense gueule dans le cul et Paracetamol.

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« Oh, fais-moi mal, Johny Johny »

Mais la réalité est loin d’être aussi rock and roll.

Ce vendredi, j’ai rejoint des amis avec lesquels nous encadrions des enfants lors de stages d’été. Cette année, c’était un peu spécial puisque nous fêtions les 20 ans d’existence de ce stage. J’ai donc décidé de leur faire l’honneur de ma visite. « 20 ans. Nom d’une pipette ! Voilà qui ne me rajeunit pas », me suis-je dit en franchissant la grille.

Je me suis installée sur un banc en bois. La jeune femme qui était assise à côté de moi s’est aussitôt écriée « Oh ! je me souviens de toi ! Tu étais ma monitrice quand j’étais enfant. Ce qui est marrant, c’est que ce sont maintenant mes enfants qui viennent au stage chaque été. Regarde : le poussin qui est là tout au fond et la grenouille mauve, ce sont mes enfants ! »

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« Moi, à cet instant là »

Il y avait en effet, parmi les martiens, les pirates et des escargots, un poussin qui tremblait en bavant sur ses doigts et une grenouille mauve qui brandissait une épée en carton recouverte d’aluminium.

Sur l’avant de la scène, un crocodile dont le maquillage avait coulé à cause de la chaleur chantait un air inaudible en triturant ses crottes de nez. « Et lui, c’est mon grand !  » s’exclamât-elle fièrement en brandissant son caméscope. Elle filmait tout le spectacle sans en rater une seule miette.  « En voilà qui vont passer de chouettes soirées de visionnage cet hiver », pensai-je en hautaine cinéphile.

village-des-damnes-1995-01-g« Ils sont choupinous, hein, mes petits chéris ?! »

Reconnaissez que j’étais loin de l’ambiance drague et bar à rhum, et apprendre qu’une petite fille que j’avais eue en stage était elle-même mère de trois enfants, c’était un peu brutalisant.

Sous le choc, je décidai de me commander un petit quelque chose à boire. Il n’y avait que de la grenadine. J’ai vidé mon verre d’une seule traite. « Remettez-moi la même chose » dis-je au clown qui servait à la buvette. Comme il me lançait un regard interrogateur, je crus bon de lui expliquer « Je viens d’apprendre que je suis grand-mère ». Perturbé, il s’éloigna à l’autre bout du bar pour prendre la commande de quelqu’un d’autre.

Tout ce sucre m’a fait un bien fou. Je suis retournée à ma place. J’ai chanté « J’ai un gros nez rouge » avec le reste du public en mimant un clown. J’ai mangé un pain saucisse. De la moutarde a coulé sur ma robe.

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« Trop wopélop »

De son côté, Charlotte a jeté ses enfants dans leur lit un peu plus tôt que prévu, pour avoir la paix.

Quand elle est descendue, elle a pris soin de couper le baby-phone pour ne plus les entendre brailler dans ses oreilles. Elle a shooté dans un petit camion en plastique et a crié « Putain de sa race ». Elle a ouvert son frigo, s’est saisie de la bouteille de vin, s’est affalée sur sa chaise de jardin et a vidé le fond de la bouteille au goulot. Elle a demandé à Donovan si c’était lui qui allait chercher la commande de frites et ils ont mangé des poulycrocs en regardant un épisode de Thalassa, des cernes sous les yeux. A 22 heures ils ont fermé boutique. L’homme s’est endormi aussitôt, brisé par les vicissitudes de la vie familiale et il s’est mis à ronfler. Doucement d’abord, puis de plus en plus fort. Charlotte a donc déserté le lit conjugal pour migrer vers le canapé. Dans le noir, elle n’a pas vu le même petit camion en plastique. Cette fois elle a juré « Mais putain de bordel de merde » en sautillant sur place et en tenant ses orteils endoloris dans sa main, ce qui a réveillé les enfants. Elle est montée les rendormir.

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« Franchement, réfléchis-y à deux fois, Bridget »

Ces réalités, certes triviales, sont les vérités de nos existences.

Je n’ai pas passé une soirée « gin tonic et cotillons », et Charlotte n’a pas roucoulé sous les rayons de lune.

Et si je développe ce sujet, c’est simplement pour mettre en lumière ce fossé du vendredi soir.

Et aussi, accessoirement, pour que les femmes mariées arrêtent de s’exclamer « Comme tu en as de la chance, tu peux coucher avec qui tu veux ! ».

J’ai chanté avec des clowns des airs qui restent en tête en buvant des grenadines, bordel de merde.

Sportive de haut niveau

J’ai testé pour vous : le u-bound

Quoi ? Vous ne connaissez pas le u-bound ? (prononcez « youbonde ») Mais vous sortez de votre campagne ou quoi ?!
Même si la sonorité du terme fait plutôt penser à une pratique sexuelle déviante, il s’agit d’un sport. (Dites-moi, Chantal, avez-vous déjà pratiqué le u-bound ? Oh oui Jean-Pierre, tous les mercredis, et je ne raterais une séance pour rien au monde)
james-bond-1Mon nom est Bond. U-bound.
Personnellement, je suis tombée sur une vidéo sur youtube il y a de ça un an à peu près.
On y voyait des femmes sauter avec allégresse (le mot est faible) sur des petits trampolines individuels. J’ai trouvé ça génial !
(Ici, je vous conte mon désarroi. J’ai recherché pendant plus de deux heures LA vidéo qui a fait naître ma vocation et, une fois que je l’ai enfin trouvée, j’ai réalisé qu’il est impossible de poster une vidéo sur ce blog. Donc vous seriez bien gentils de cliquer ICI pour la voir, merci.)
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« Wopélop »
A l’époque, j’osais encore affirmer que j’étais sportive, ou du moins sportive en devenir et, du coup, j’ai eu envie d’essayer (vous connaissez on attrait pour les expériences nouvelles et enrichissantes). Stéphanie, toujours désireuse de se lancer dans de nouvelles aventures avec moi, m’a affirmé que sur ce coup là, elle me suivrait.
Comme nous ne savions pas si notre petite ville pouvait proposer ce sport hautement tendance, nous avons pris nos renseignements. Un club en proposait, mais les horaires ne nous convenaient pas.
J’ai donc dû abandonner ma N.G.I. (Nouvelle Grande Idée).
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Stéphanie, quant à elle, a pris l’option « Je fais du sport dans mon salon en suivant un tuto sur internet ». Elle a filé chez Décathlon (à fond la forme) pour s’acheter un petit trampoline, et je l’ai aidée à sélectionner un coach en ligne. Vautrées dans le canapé, nous regardions différents profs de fitness sautiller et se donner beaucoup de mal pendant que nous engouffrions des poignées de cacahuètes enrobées au paprika en faisant nos commentaires. « Celle-là, elle a l’air bien, mais je n’aime pas trop sa tenue. » « Oui, rien à faire, je ne crois pas au revival du fluo » « Moi non plus. Le fluo appartient aux années 80 ». « Mate celui-là, il est ultra sexy !  » « Trop musclé pour moi, je préfère plus de finesse » « Diantre, comme ils ont l’air fatigants, ces exercices. »  » Je suis fourbue rien qu’à les regarder ».
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Si on s’en tient à sa version, Stéphanie a suivi quelques séances avec son sexy-coach online (mais je n’en crois rien). Puis elle a déménagé en-dessous de chez moi et sa vie en appartement a signé son arrêt de trampoline.
Dans un studio, il est tout bonnement impossible de pratiquer ce genre de sport sous peine de se faire une commotion en se frappant la tête au plafond ou de se retrouver dans la cuisine de Didier, le voisin du dessous.
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Salut, Didier 
Depuis cette découverte, un an a passé.
De l’eau a coulé sous les ponts.
Et la semaine dernière, je me suis enfin rendue à mon premier cours de u-bond.
BRAVO, NATHALIE SACRE.
Un miracle que je sois toujours en vie pour vous le raconter.
Tout d’abord, le prof est venu me voir pour m’expliquer dans quelle position je devais me tenir. Il m’a aussi expliqué que comme les pieds du trampoline se dévissent, je devais être prudente.
Voilà qui était engageant et rassurant.
La première chanson a commencé.TOP DEPART.
Sauter en l’air.
Pas si aisé.
Surtout quand on n’a rien pour se tenir, qu’ils ont tamisé les éclairages (Est-ce que ce maudit engin est toujours bien sous mon axe ?) et que les pieds se dévissent.
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Au bout de quelques minutes seulement, je sens mon cœur qui se fait la malle. Tenir une heure à ce rythme ??? Est-ce seulement envisageable ?
Je décide alors de ralentir la cadence, histoire de ne pas mourir foudroyée d’un infar au milieu de la salle de sport. Un choix stratégique, en somme.
Au bout de quelques chansons, le prof vient vers moi et me demande comment je vais.
Je lui halète un douloureux (et un rien agressif) « Je crois que mon cœur va tomber sur le sol d’un moment à l’autre ».  Il fait la grimace et j’ajoute : « Si je vous le dis, c’est pour que vous soyez prévenu ».
Là il a ri de ses grandes dents blanches et il a déclaré : « Si c’est trop difficile pour toi, tu peux partir maintenant. Tu as bien travaillé. »
Moi ? Abandonner au milieu d’une séance de sport ? JAMAIS.
Voilà comment votre reporter a testé pour vous une séance de u-bond.
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Chanteuse de renom

Change de disque

Hier soir, il y a eu une coupure d’internet.
Et moi, que ce soit bien clair, je ne sais RIEN faire sans internet.
Du coup, au lieu de larver devant une série sur Netflix ou de raconter ma passionnante vie à Emsie (MC) sur Messenger comme à mon habitude, j’ai dû CHANGER le déroulement de ma soirée.
  • Je me suis cuit un brocoli (pas besoin du wifi pour le brocoli).
  • J’ai subrepticement pensé à ranger mon appartement.
  • Je me suis rétractée aussitôt.
  • J’ai brûlé un bâtonnet d’encens pour tenter de faire disparaître l’odeur de brocoli cuit.
  • J’ai pris une photo de mes nouvelles boules de Noël en forme de chiens.
  • J’ai spritchoulé l’entièreté de mon flacon d’huile essentielle de lavande dans l’air parce que l’odeur de brocoli ne désemplissait pas malgré les bâtons d’encens.
  • J’ai cherché une idée constructive.
  • J’en ai trouvé une.
J’ai sorti mon CD fétiche de Jil Caplan, « Avant qu’il ne soit trop tard » et je l’ai inséré dans mon lecteur.
J’ai mis le volume sur 72.
J’ai chanté.
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Aussitôt, j’ai reçu un sms de ma sœur qui disait : « Tu fais tes vocalises ? ».
Je lui ai répondu « Jil Caplan ».
Elle a répondu « Je le savais ».
Puis elle a ajouté : « Pense à ta voisine du dessous. La pauvre, elle ne sait pas. »
Elle a dit aussi : « Une absence de connexion internet, ça peut faire un sacré grabuge, quand-même ».
Arrivée à la plage 9 (l’amour souterrain), elle a déboulé dans mon appartement en décrétant que « je gueulais comme un putois qu’on égorge ».
« C’est faux », lui ai-je rétorqué. « Je chante bien.Tu es une inculte qui n’y connais rien à l’art ».
Elle m’a regardée un peu.
Je hurlais dans mon salon en faisant une très belle chorégraphie sur mon tapis rouge.
Elle m’a regardée encore, muette de stupeur.
Puis, d’un ton las, elle a déclaré : « Bon. Moi, je vais aller prendre mon somnifère »
Et elle est partie.
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Il vous semble que je vous avais déjà parlé de ma passion pour Jil Caplan ? Mais bien-sûr. C’est le jour où j’ai survécu à une terrible maladie. C’est ICI.
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Diététicienne

A Amsterdam

Quand ma sœur Adèle était petite, chaque jour à la sortie de l’école maternelle, nous lui demandions ce qu’elle avait fait la journée et, chaque jour, elle nous répondait sur un ton laconique et un brin supérieur : « J’ai peintulé » (genre : lâchez-moi les baskets avec vos questions, cela ne vous regarde pas et, de toute manière, vous ne pouvez pas comprendre).

Du coup, dans la famille, le verbe « peintuler » est devenu célèbre.

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(Yasmeen Ismaïl) – Je peintule

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(Louis Untermeyer) – Je peintule aussi

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Cette année, en septembre, je me suis inscrite à l’Académie, en section peinture. Une nouvelle aventure pour moi.

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(J’en profite pour vous présenter « brumes », ma première toile)

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Enfin, tout cela pour vous dire qu’hier, avec Mère (qui use aussi ses pinceaux (cliquez ICI) nous sommes parties en excursion à Amsterdam avec le cours de peinture.

Au programme : LE Maître des Maîtres, j’ai nommé : Rembrandt.

rembrandt« Rembrandt ?! Oui, c’est moi »

Avant de nous rendre chez José (Merde, c’est quoi encore, le prénom de Rembrandt ? Robert ? James ? Wim ?), nous avion le temps de nous promener un peu dans la ville, de déambuler parmi les canaux et la marijuana en vente libre.

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A peine avions-nous entamé notre visite de la ville que je remarquai un phénomène étrange : à chaque endroit où je posais le regard se trouvait DU GOUDA. Du gouda sous toutes ses formes (des roues de gouda, des goudas en tranches, des pointes de gouda) et sous toutes ses couleurs (du gouda aux orties, au paprika, au chili, à la noix de coco (là, pour le coup, je me sens moins prête psychologiquement)).

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Vous connaissez mon amour pour le gouda.

Il est tel que mes amis m’ont surnommée « Madame gouda » (« Et comment va Madame Gouda, aujourd’hui ? ») car j’en mange tous les jours depuis plus de vingt ans sans jamais rencontrer la moindre once de lassitude.

LE GOUDA C’EST LA VIE.

Et soudainement, je me retrouvais propulsée au milieu d’un peuple qui a bien compris ce précepte et qui en a fait son crédo.

UN PARADIS.

Mère, voyant que j’hyperventilais, m’a invitée à rentrer dans l’une de ses boutiques, où le gouda, Roi des Rois, est présenté comme un produit de luxe. Et c’est là que nous avons mangé une quiche au gouda et au jambon, parmi les étagères remplies de milliers de goudas scintillants.

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Ensuite, je me suis acheté un fromage, pour revenir d’Amsterdam avec un petit souvenir. Là, j’ai pu étaler mes grands talents pour le bilinguisme.

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La vendeuse a précautionneusement recouvert mon fromage d’un joli ruban doré, puis elle l’a emballé dans son écrin : un joli sac pour le transporter.

sac-goudamusee-du-gouda(Le Musée du gouda ? Ce sera pour une prochaine fois. Là, je dois rendre visite à Raoul Rembrandt)

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Vous vous dites certainement que cet article est non seulement inintéressant, mais qu’en plus, il dévoile les intérêts d’un être qui possède un système interne de pondération des valeurs largement défectueux. Cette fille se rend à Amsterdam, dans la maison où a vécu Jean-Claude Rembrandt et dans laquelle il a peint les plus grands chefs d’œuvre de la peinture (qu’elle peut mirer à sa guise) et tout ce qu’elle retient de sa journée, c’est qu’il y a du gouda a chaque coin de rue.

Je vous répondrai deux choses :

D’abord je citerai France Gall qui a dit (deux points, ouvrez les guillemets) : « Le gouda, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ».

Et enfin, je vous déclarerai que, quand on sait que la question que se posait ma prof de peinture lors de la visite de la chambre de Rembrandt c’était « Tu penses qu’ils ont changé les draps du lit ? » en appuyant discrètement un doigt sur les couvertures, il ne faut plus s’étonner de rien.

Moi, je dis ça, je ne dis rien.

rembrandt-2« Sur ma liste de courses j’ai noté du gouda. Signé : Auguste Rembrandt »