Vacancière

Karma-matelas

Quand il a fallu vérifier l’état du matériel de camping, j’ai râlé. Parce que personnellement, je serais bien partie à la « One-again ».

Jeter tout dans le coffre, sauter par-dessus la portière de la décapotable et filer, les cheveux au vent, le long de la Sixtisixe. C’était ça, mon programme.

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Légende : « Dites six fois : J’ai eu une cystite le long de la Sixtisixe ».

J’ai râlé quand il a fallu gonfler les matelas (même malgré ces nouvelles pompes qui se branchent sur l’allume-cigares et qui ne demandent plus que tu souffles comme une dératée pendant une demie heure jusqu’à cette sensation douloureuse qui te donne l’impression que ton crâne va imploser en milliers de petits bouts de chair). J’ai râlé aussi quand il a fallu les poser contre le mur le temps de la soirée, pour vérifier s’ils ne se dégonflaient pas.

J’ai un peu moins râlé quand, après le repas moules-frites, on s’est rendues compte que MON matelas se dégonflait et que Belle-Maman, qui a toujours plus d’un tour dans son sac, m’en a prêté un autre en déclarant solennellement : « Tiens, prends celui-là, je viens de l’utiliser, je suis certaine qu’il est en bon état ». Tout à coup, oui c’est vrai, il faut bien le reconnaître, les plans anticipation de ma petite sœur avaient du bon, et, si je ne l’avais pas écoutée, j’aurais subi un nouvel épisode de ce que j’appelle communément « le karma-matelas ».

Qu’est-ce que le karma-matelas, me demanderez-vous ?

Eh bien c’est très simple et cela peut se résumer en une phrase : Je n’ai jamais dormi sur un matelas pneumatique gonflé toute une nuit. JAMAIS. Car je souffre du karma-matelas.

  • Quand j’étais enfant et que je partais en camp scout, je me réveillais chaque matin à même le sol et quand je regardais autour de moi, toutes mes copines dormaient tranquillement sur leur matelas confortable.
  • Plus tard, j’ai opté pour les auto-gonflants. Vous savez, ceux qui ne se gonflent absolument pas et qui vous ruinent le dos. Le résultat était le même. Karma-matelas.
  • L’été passé, sur mon île grecque, mon matelas était si fin et le sol si dur que je ne parvenais pas à admettre que c’était bel et bien sur du sable fin que j’avais posé ma tente et non sur un parking bétonné.
  • Quand je suis partie dans les Calanques, j’avais carrément oublié mon matelas. Des amis, dans leur grande mansuétude, m’ont prêté la couverture de leur chien et j’ai dormi pendant une semaine dans les poils et les odeurs de toutou.

Mais cette fois, grâce à la phase de préparation, j’allais enfin prendre ma revanche, et c’est en paix que je suis partie pour mon périple.

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Légende :  » Wééé, trop d’la balle, Loulou, j’ai emmené un matelas gonflé »

SAUF QUE.

(Il y a un « Mais », comme vous vous en doutez).

Sauf que le premier soir, j’ai très vite senti que Belle-Maman (et là il y a deux options) m’avait soit roulée dans la farine ou bien avait été trop confiante.

Car je sentais bien mon matelas se dégonfler, lentement mais sûrement, au fur et à mesure des heures qui passaient.

La première nuit, j’ai réveillé Caro vers trois heures du matin pour qu’elle m’aide à le regonfler, parce que bon, c’est compliqué pour moi de brancher un matelas sur un allume-cigares. Elle l’a fait, parce qu’elle ne peut rien me refuser, mais elle avait honte de réveiller nuitamment tout le voisinage avec ce bruit de soufflerie de sèche-cheveux. Elle a décrété qu’on ne le ferait plus.

La deuxième nuit, j’ai écouté les conseils de Monsieur R. qui me recommandait d’échanger incognito mon matelas avec celui de ma sœur. Mais elle s’en est tout de suite rendue compte (parce que le mien était bleu et le sien gris ?) et elle m’a obligée à tout remettre en l’état, prétextant que comme elle s’occupait déjà de tout (conduire, lire la carte, monter la tente, gonfler les matelas) pendant que je baillais aux corneilles, elle avait bien le droit à un minimum de confort.

J’ai donc dû me résigner à subir le karmas-matelas.

Celui avec lequel je suis née, et qui me poursuivra vraisemblablement jusqu’à ma mort.

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Légende : « Alors, elles sont pas chouettes, les vacances ?! »


Cette histoire de matelas me fait penser à une autre, plus ancienne, qui confirmera à quel point je souffre : ICI

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Prendre sa douche en camping

« Prendre sa douche en camping ». En voilà un sujet délicat. Que celui qui n’a jamais dû en passer par cette case de l’existence sache dès à présent qu’il fait partie d’une caste. La caste des privilégiés.

douche camping

Car prendre sa douche en camping, cela se déroule invariablement comme ceci :

Ta journée a été rude. Toute l’après-midi, tu as lézardé sur la plage du camping de la plage (CQFD). Jusque là, ça a l’air simple, me diras-tu. MAIS :

  • Aussi étrange que cela puisse paraître dans la région du Morvan, la plage porte ce nom car il y a des coquillages dans les cailloux. Et il va sans dire que lesdits coquillages transpercent ta serviette de bain pour te ruiner le dos.
  • Le camping de la plage rameute des enfants. Je ne t’apprends rien en te disant ce que cela a d’usant de passer une après-midi près d’eux le long d’une rivière. (Rajoute trois niveaux de difficulté si comme moi tu es célibataire sans enfants, car il est de notoriété publique que le seuil de tolérance des parents est autrement plus élevé que le tien, question d’habitude certainement).
  • Ta crème solaire te colle à la peau, et les coquillages s’incrustent aussi. Ça pique. Tu décides de prendre ta douche.

bon bain

Légende : « Ce bon bain m’a fait du bien » (La Cité de a peur, chef d’oeuvre du 7ème art)

Tu arrives dans le local-douches (une cahute faite de tôles et de rondins).
Tu insères un jeton dans l’appareil (auparavant, tu as eu l’excellente idée de jeter ces jetons dans ton porte-monnaie « pour ne pas les perdre », et tu as passé un temps fou à essayer de les retrouver parmi tes pièces). La douche se déclenche.
Le clampin qui est passé juste avant toi a fait pivoter le pommeau en direction de l’endroit
où tu as posé en équilibre précaire ta trousse de toilettes (la tablette est inclinée).
Tu le remets droit. Dans la bataille, l’eau t’a ravalé le visage.

Ça tombe bien, car ce soir, tu dois te laver les cheveux. Tu stresses, car il ne te reste qu’un seul jeton, et tu ignores combien de temps dure la minuterie.

minuterie

Légende : « Minuterie ! » (Le Père-Noël est une ordure, autre chef d’oeuvre du 7ème art)

Je ne t’apprends rien si je te dis que le l’eau s’arrête alors que tu as encore de la mousse sur le crâne. Tu te dis « Putain de bordel de merde ». Tu ajoutes « Je le savais ».
Parce que c’est vrai, tu sais que la vie peut parfois être une chienne, tu en as acquis la certitude à force de moult expériences de ce style.

Tu respires un grand coup. Tu te dis : « Au diable la varice, je vais m’offrir un deuxième jeton » (de toute façon, as-tu vraiment le choix ?). (Tu notes au passage que tu as fait là un jeu de mot magistral, ce que peu d’êtres humains peuvent se targuer d’avoir fait en pareille circonstance).
Du coup tu dois te rhabiller.
Je ne t’apprends rien non plus si je te dis que ta petite culotte est tombée du rebord sur lequel tu l’avais posée. Qu’elle baigne dans l’eau croupie où les touristes posent leurs pieds plein de verrues. Tu l’enfiles quand-même en récitant cette phrase familiale : « ça fera mes anticorps ». Oh et puis non, c’est vraiment trop désagréable. Tu la fourres en boule dans ta trousse de maquillage.
Tu traverses les allées cul nu (mais ça, personne ne le sait, parce que tu as quand-même enfilé ta robe)
Tu arrives à la réception. Il y a un mot sur la porte.
« Je suis parti faire une petite course. J’en ai pour 20 minutes. Signé : Jean-Claude. »
Tu ignores si Jean-Claude a écrit ce mot il y a 18 minutes ou il y a 2 minutes. (Il y a une nuance). La mousse de ton shampoing sèche sur ta tête, au soleil.
Tu maudis la Terre entière.
En attendant Jean-Claude.
Ton porte-monnaie à la main.
Tu ignores que tout au fond de celui-ci, mélangé à tes pièces de monnaie, il te restait un jeton.

Et ceci n’est qu’un petit aperçu de ce que c’est que prendre sa douche en camping.

 

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Légende : « Mon œil en parachute »


J’avais déjà abordé ce sujet ô combien épineux il y a quelques années déjà, lorsque j’étais partie camper avec mon amie Anne-Sophie. Si vous voulez le lire ou le relire, c’est ICI.

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Les préparatifs (2)

Louise m’a donc obligée à venir participer à sa putain de charmante séance de préparation.

Ne pas oublier ceci, bien penser à cela, et blablabla et blablabla.

Comme si je risquais d’oublier quoi que ce soit.

J’ai mon short, mes clapettes, mon bikini et ma crème solaire. Le reste, je m’en tamponne le coquillard.

materiel de camping

Légende : « Et c’est parti pour l’aventure, Charles-Edouard »

Il a fallu monter la tente. Ça, c’était simple. Un jeter vigoureux suffisait.

Puis il a fallu la replier. Et là, c’était tout de suite moins drôle. Louise m’a ordonné, tout en coinçant des arceaux entre ses mains, de lire le plan. Ce que j’ai fait. Mais il faut reconnaître qu’il manquait un peu de précision. Je lui ai dit : « Il faut que tu mettes le point brun sur le point vert et que tu pivotes à 180 degrés ».

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Légende : « C’est pourtant simple, Thelma »

Elle m’a regardée interloquée, un peu comme si je venais d’inventer une consigne saugrenue. Je voyais bien qu’elle commençait à trépigner. « Montre-moi le plan » m’a t’elle intimé. Elle a fait un grand mouvement avec ses petits bras. « Attends, ne bouge pas », lui ai-je dit. « Je vais te prendre en photo, pour mon blog ».

Elle m’a répondu : « C’est fou, ce que tu m’es d’une grande aide, parfois ». Et elle a soupiré en faisant rentrer la toile entière dans sa petite pochette.

Je lui ai répondu : « Ah ben, tu vois que tu n’as pas de si petits bras ». Et je suis partie manger les moules frites que Belle-Maman avait préparé.

Cette fois, c’est sûr, nous étions parées pour le voyage.

monter une tente

Louise : « Je suis au top. Mais ça, je le savais déjà »

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Thelma : « Regarde, Louise, j’ai pu mettre toute la petite famille dans ton coffre. On va même pouvoir prendre le bébé. Je le mettrai devant, sur mes genoux. »

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Les préparatifs

Un périple tel que celui que nous allons entamer se prépare. Enfin, un minimum.

thelma et louise

A ce stade déjà, deux écoles s’affrontent.

Celle de Thelma :

  • Saisir trois shortys, un bikini et une paire de clapettes dans l’armoire.
  • Jeter négligemment le tout dans une valise.
  • Réaliser à ce stade (la veille) que l’on n’a pas de valise.
  • Vouloir appeler sa maman en grinchant (Mamoune, j’ai paaaas de valise)
  • Réaliser que Mère est elle-même partie en vacances.
  • Se consoler en mangeant un sachet de cerises Haribo.

Celle de Louise :

  • Il faut monter la tente dans le jardin paternel quelques jours avant le départ, afin que Thelma sache comment la replier, parce que Louise a soi-disant les bras trop petits.
  • Il faut gonfler les matelas pneumatiques et les laisser quelques heures afin de vérifier qu’ils ne soient pas troués.
  • Il faut emporter des rouleaux de papier de toilette pour Thelma car Louise sait pertinemment bien qu’elle ne va pas y penser.
  • Il faut passer faire quelques courses avant le départ pour se faire un pique-nique sur la route.
  • Il faut analyser la carte pour savoir quel itinéraire suivre.

 

ordre et désordre

 

La méthode de Thelma :

  • Échapper à celle de Louise en prétextant que tout est sous contrôle.
  • Rajouter un tube de crème solaire à la pile de ses affaires (Bordel, dire que j’ai manqué l’oublier).

Celle de Louise :

Démonter le maigre argument de Thelma (Tout est sous contrôle) en prétextant qu’elle doit apporter son aide lors des préparatifs parce qu’il parait que elle ne sert à rien pendant le voyage.

Louise prétend que :

  • Thelma a peur de conduire sur les autoroutes donc c’est Loulou qui va conduire tout le long du trajet.
  • La dernière fois que Thelma a servi de copilote, la carte routière s’est envolée par la fenêtre à cause du vent.
  • D’ailleurs, Thelma ne sait pas lire une carte.
  • Il parait qu’elle ne sait pas non plus replier la tente et que Louise (elle insiste là-dessus) a les bras beaucoup trop courts pour faire ce genre de mouvement.
  • La dernière fois que Thelma a voulu cuire des œufs en camping, elle a servi une omelette sur graviers à ses invités.

Devant tant de mauvaise foi, Thelma se devait de montrer à Louise l’exact inverse (c’est-à-dire sa bonne foi).

C’est donc dans ce contexte que Thelma est venue à la séance de préparatifs (il faut dire aussi que Belle-Maman avait préparé des moules frites ce soir là).

(Précision : Il va sans dire que dans ce récit, je suis Louise et ma sœur est Thelma.)

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(Two for the road – Corrie Bond)

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Thelma et Loulou

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Mes souvenirs de « Thelma et Louise » sont loin, enfuis avec mon adolescence et mes boutons d’acné. Mais dans mon inconscient collectif (est-ce que l’inconscient d’une seule personne peut être collectif ? ) elles symbolisent le duo de femmes aventurières par excellence. Elles volent une voiture décapotable, traversent l’Amérique, tuent un homme, se font Brad Pitt et finissent par se jeter dans un ravin. La toute grande classe, le truc qui claque.

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Légende : « Vas-y Loulou, dégomme-lui sa tronche »

C’est exactement les vacances que l’on a prévu cet été avec Caro. Enfin, sauf qu’au lieu de voler une voiture décapotable, on va partir avec la Ford Fiesta (on ne prend pas la Queen, c’est déjà ça). Qu’à la place de traverser l’Amérique on va sillonner la France. Que si on tue quelqu’un et que l’on tombe dans un ravin, ce sera par pure erreur. Et je pense que si on peut se faire deux G.O. au camping des flots bleus, on serait déjà bien en veine (en ce qui concerne Brad Pitt, je me suis déjà résignée, et pour être tout à fait honnête, mes goûts se portent plutôt vers David Duchovny ).

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Légende : « Bonjour, beau gosse. Vous habitez chez vos parents ? »

Nous partons donc sillonner les plaines. Vendredi. Pendant deux semaines de folie. « Oh yeah, baby ».

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La saga de l’été

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C’est l’été. Je suis en vacances. Vendredi, je suis sortie de la bibliothèque en faisant Youpslaboum. J’ai décidé d’arrêter de faire des blagues sur le temps pourri afin de concentrer toute mon attention sur ce qui en vaut vraiment la peine, j’ai nommé : « La saga de l’été ». A suivre régulièrement sur ce blog.

Au programme : sandalettes, coquillages et crottes de nez.

Mais aussi : le récit de mes vacances, des rediffusions d’anciens épisodes et des articles de fond sur plusieurs questions métaphysiques (bien choisir sa crème solaire, des recettes de cocktail qui pètent et quelques techniques de drague).

Alors soyez attentifs, parce que la saga de l’été, c’est MAINTENANT.

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« Andalousie, je me souviens » (2) : les abysses pour les nuls

Je me promenais avec Mère et tante Olympe le long d’une vaste plage andalouse. Le vent était tiède, les mouettes coassaient (c’est quoi le putain de cri d’une mouette ?) et nous nous tenions voûtées afin de rechercher sur le sable les petits trésors que la mer nous offrait : de jolis coquillages nacrés, des morceaux multicolores de verre poli par les vagues, un squelette d’oursin, une étoile de mer rouge vif.

Je me posais un tas de questions métaphysiques sur cette impulsion qui nous pousse à ramasser et à enfourner en poche ces petits ravissements quand Mère nous interpella. « Eh les filles, venez voir ! ».

Sur le sable gisait une espèce de grosse merde noirâtre.

Connaisseuse, je déclarai : « C’est un étron de bobtail ».

Ma mère me lança un regard joueur et, avec un petit sourire en coin, elle titilla la crotte avec un bâton. Elle bougea. Faiblement, mais elle bougea, nous arrachant à toutes trois un cri de dégoût. « Qu’est-ce que c’est que cette chose ?! » verbalisa tante Olympe.

« Visiblement, c’est un étron des mers » lui répondis-je.

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Nous avons passé un petit temps penchées au-dessus de notre découverte, mais pas trop quand-même, parce que ça nous retournait un peu l’estomac de savoir que pareil spécimen pouvait se baigner impunément dans les mers du Sud alors même que nous en ignorions l’existence.

J’ai tenté de relativiser en déclarant que c’était bien là un comportement typiquement humain, de se sentir dégoûtés dès qu’un être vivant ne nous ressemblait pas. J’ai même ajouté : « Si ça tombe, ce gros excrément nous observe et il se dit que nous sommes répugnantes ». « Je me contrefiche de ce que cet étron des mers du Sud pense de moi », me répondit tante Olympe. « Rentrons à l’appartement. On va se renseigner sur internet afin d’en apprendre un peu plus sur lui. J’ai besoin de savoir. Sinon je vais faire des cauchemars. Des cauchemars peuplés de merdes des mers ».

Comme il est bien connu que la connaissance fait reculer l’ignorance et la peur engendrée par elle, nous nous sommes installées devant l’ordinateur. Rapidement, un problème prit forme : comment trouver des informations sur quelque chose que nous ne connaissons pas ?  En tant que documentaliste professionnelle, je proposai quelques clés de recherche : étron des mers, crotte marine, animal aquatique (nocturne) andalou, excrément maritime espagnol. Après quelques recherches infructueuses autour du thème de la limace des mers, nous apprîmes enfin que nous avions affaire à un « pepino de mar », autrement dit un concombre des mers.

Étions-nous sauvées du dégoût pour autant ? No lo sé. Car au cours de nos recherches, nous apprîmes également que, lorsqu’il se sent menacé, le concombre des mers peut éjecter ses intestins via son anus pour ensuite les régénérer.

Je n’appuierai donc pas la thèse disant que la connaissance fait reculer le dégoût et la peur.

Le lendemain, alors que nous passions voir si la mer avait repris Pepino ou si elle l’avait laissé se dessécher seul sur le sable (les yeux dans l’eau), nous avons pu remarquer que, visiblement, le fait que Mère l’ait titillé avec un bâton avait été considéré par lui comme une menace puisqu’il avait lancé l’opération : « je vous balance mes intestins à la tronche (via mon anus, cela va sans dire) ». Et nous avons également constaté que Pepino, si monochrome à l’extérieur, possédait par ailleurs des entrailles chatoyantes.

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Sur ce, me voilà ravie de vous avoir inculqué quelques éléments de biologie appliquée. (Esprits facilement impressionnables : s’abstenir)

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Into the wild à la belge, une fois

Pour mieux vous relater mon séjour « into the wild », j’ai copié collé l’article Wikipédia se relatant à cette tragique histoire, en y effectuant, pour plus d’honnêteté intellectuelle, quelques ajustements ça et là.

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Nathalie Sacré est une bibliothécaire belge brillante qui vient d’obtenir une promotion à la Baie des Tecks et qui est promise à un grand avenir. Rejetant les principes de la société moderne, après un dîner dans un luxueux restaurant avec ses amants, pour fêter cette promotion, elle décide de partir sur les routes, sans prévenir sa famille. Elle renonce ainsi au rêve belge pour une vie aventurière. Elle brûle ses papiers et envoie toutes ses économies (12.39 €)  à Oxfam. Elle part en voiture (eh oui, elle a le permis) vers le sud de la Belgique. Elle découvre la Gaume et trouve divers petits boulots à travers le Dakota ou encore le Colorado  une pièce de deux euros par terre afin de financer le reste de son voyage  une bonne douche bien chaude.

Elle arrive à Chassepierre, lorsque lui vient l’idée d’aller à Martué. Elle met tout en œuvre pour y arriver et y parvient finalement en auto-stop. Elle découvre les montagnes enneigées   des champs et des bois et se réfugie dans une caravane abandonnée. Elle y restera une centaine de deux jours. Plus de deux ans jours de solitude, de compréhension de la nature et de l’être humain. Elle découvre en Gaume le bonheur toujours recherché, une paix spirituelle et une sorte de paradis pur et sain. Au bout de deux ans jours de voyage, elle décide qu’il est temps de rentrer chez elle. Mais elle est bloquée par la Semois et se voit contrainte de rester dans la caravane, en attendant que l’eau de la rivière descende.

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Affamée, elle se base sur son guide botanique qu’elle interprète mal et s’empoisonne accidentellement en mangeant des graines de digitale toxique et différente de l’ortie qui est consommée dans certaines conditions par les populations autochtones. Entre-temps, elle comprend que la solitude n’est pas l’idéal de l’homme.

Nathalie est une jeune femme aimée de tous, en effet, toutes les personnes rencontrées au fil du voyage se prendront d’amour ou d’amitié pour elle (le garde-chasse, le tenancier du camping). Mais, aveuglée par son rêve obstiné de la Gaume, Nathalie ne perçoit pas le bonheur que peut procurer l’amour de l’autre. Elle en prend conscience en lisant les lignes d’un ouvrage de Tolstoï du dernier numéro de Cosmopolitan qui décrit le bonheur parfait dans une microsociété rurale un corps parfait.

Peu de temps avant de mourir, Nathalie Sacré écrit au stylo sur une page d’un livre « Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé », ce qui sera la dernière (mais néanmoins percutante) de ses célèbres phrases « optimistiquantes ».

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Légende : « Il est vrai qu’il y a peu de différence entre cette Digitale pourpre et cette ortie. »