Sportive de haut niveau

Bouge ton boule

« Etre au régime, ce n’est pas une mince affaire« , ai-je déclaré à mes collègues ce matin dans un éclair au chocolat de lucidité.

Cette phrase, on peut le dire, est une sorte de fulgurance.

« Oui oui, je suis en pleine crise d’inspiration »

Ce qui n’est pas simple, c’est que c’est une question de mathématique et de bon sens : il faut éliminer plus de calories que ce que l’on en ingurgite. CQFD.

Mais dans mon cas, je devrais faire trois triathlons par semaine et un marathon chaque weekend pour parvenir à un équilibre satisfaisant.

Impossible ?

OUI.

Car cela demande du temps. Et du temps, bien entendu, je n’en n’ai pas.

Ce n’est donc pas le courage ou les capacités qui me manquent, mon amour pour le sport étant de notoriété publique.

« Allez Ginette, on sort le turban en mousse »

Si je n’ai certes pas assez de temps pour embrasser une carrière de coureuse d’extratrail, je peux tout de même me mettre en mouvement.

C’est toujours ça de pris, c’est bon pour le cœur, c’est bon « pour ce que j’ai » et, comme le disait la Compagnie Créole : « C’est bon pour le moral ».

J’ai donc enfilé mes baskets, direction le halage. Et hop hop hop, je me suis mise à courir telle un cabri (ou telle une antilope, c’est comme vous voudrez). Traduisez : avec grâce et assurance.

Je sais que je suis faite pour le sport. C’est génétique. Mes parents sont sportifs. Et puis, quand j’étais adolescente, j’étais la baby-sitter des enfants Borlée. Ca compte, ça, non ?!

Allez hop, go to the ligne d’arrivée.

« J’aime bien quand les Romains m’applaudissent »

Sportive de haut niveau

J’ai testé pour vous : le u-bound

Quoi ? Vous ne connaissez pas le u-bound ? (prononcez « youbonde ») Mais vous sortez de votre campagne ou quoi ?!
Même si la sonorité du terme fait plutôt penser à une pratique sexuelle déviante, il s’agit d’un sport. (Dites-moi, Chantal, avez-vous déjà pratiqué le u-bound ? Oh oui Jean-Pierre, tous les mercredis, et je ne raterais une séance pour rien au monde)
james-bond-1Mon nom est Bond. U-bound.
Personnellement, je suis tombée sur une vidéo sur youtube il y a de ça un an à peu près.
On y voyait des femmes sauter avec allégresse (le mot est faible) sur des petits trampolines individuels. J’ai trouvé ça génial !
(Ici, je vous conte mon désarroi. J’ai recherché pendant plus de deux heures LA vidéo qui a fait naître ma vocation et, une fois que je l’ai enfin trouvée, j’ai réalisé qu’il est impossible de poster une vidéo sur ce blog. Donc vous seriez bien gentils de cliquer ICI pour la voir, merci.)
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« Wopélop »
A l’époque, j’osais encore affirmer que j’étais sportive, ou du moins sportive en devenir et, du coup, j’ai eu envie d’essayer (vous connaissez on attrait pour les expériences nouvelles et enrichissantes). Stéphanie, toujours désireuse de se lancer dans de nouvelles aventures avec moi, m’a affirmé que sur ce coup là, elle me suivrait.
Comme nous ne savions pas si notre petite ville pouvait proposer ce sport hautement tendance, nous avons pris nos renseignements. Un club en proposait, mais les horaires ne nous convenaient pas.
J’ai donc dû abandonner ma N.G.I. (Nouvelle Grande Idée).
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Stéphanie, quant à elle, a pris l’option « Je fais du sport dans mon salon en suivant un tuto sur internet ». Elle a filé chez Décathlon (à fond la forme) pour s’acheter un petit trampoline, et je l’ai aidée à sélectionner un coach en ligne. Vautrées dans le canapé, nous regardions différents profs de fitness sautiller et se donner beaucoup de mal pendant que nous engouffrions des poignées de cacahuètes enrobées au paprika en faisant nos commentaires. « Celle-là, elle a l’air bien, mais je n’aime pas trop sa tenue. » « Oui, rien à faire, je ne crois pas au revival du fluo » « Moi non plus. Le fluo appartient aux années 80 ». « Mate celui-là, il est ultra sexy !  » « Trop musclé pour moi, je préfère plus de finesse » « Diantre, comme ils ont l’air fatigants, ces exercices. »  » Je suis fourbue rien qu’à les regarder ».
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Si on s’en tient à sa version, Stéphanie a suivi quelques séances avec son sexy-coach online (mais je n’en crois rien). Puis elle a déménagé en-dessous de chez moi et sa vie en appartement a signé son arrêt de trampoline.
Dans un studio, il est tout bonnement impossible de pratiquer ce genre de sport sous peine de se faire une commotion en se frappant la tête au plafond ou de se retrouver dans la cuisine de Didier, le voisin du dessous.
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Salut, Didier 
Depuis cette découverte, un an a passé.
De l’eau a coulé sous les ponts.
Et la semaine dernière, je me suis enfin rendue à mon premier cours de u-bond.
BRAVO, NATHALIE SACRE.
Un miracle que je sois toujours en vie pour vous le raconter.
Tout d’abord, le prof est venu me voir pour m’expliquer dans quelle position je devais me tenir. Il m’a aussi expliqué que comme les pieds du trampoline se dévissent, je devais être prudente.
Voilà qui était engageant et rassurant.
La première chanson a commencé.TOP DEPART.
Sauter en l’air.
Pas si aisé.
Surtout quand on n’a rien pour se tenir, qu’ils ont tamisé les éclairages (Est-ce que ce maudit engin est toujours bien sous mon axe ?) et que les pieds se dévissent.
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Au bout de quelques minutes seulement, je sens mon cœur qui se fait la malle. Tenir une heure à ce rythme ??? Est-ce seulement envisageable ?
Je décide alors de ralentir la cadence, histoire de ne pas mourir foudroyée d’un infar au milieu de la salle de sport. Un choix stratégique, en somme.
Au bout de quelques chansons, le prof vient vers moi et me demande comment je vais.
Je lui halète un douloureux (et un rien agressif) « Je crois que mon cœur va tomber sur le sol d’un moment à l’autre ».  Il fait la grimace et j’ajoute : « Si je vous le dis, c’est pour que vous soyez prévenu ».
Là il a ri de ses grandes dents blanches et il a déclaré : « Si c’est trop difficile pour toi, tu peux partir maintenant. Tu as bien travaillé. »
Moi ? Abandonner au milieu d’une séance de sport ? JAMAIS.
Voilà comment votre reporter a testé pour vous une séance de u-bond.
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Sportive de haut niveau

Ma première (et dernière) roller parade

Cet article fait suite à celui-ci.

Participer à une roller parade pour rencontrer de nouvelles personnes ? Pourquoi pas ? Vous savez bien que dans la vie, je ne suis pas à un sacrifice près.

Je commencerai par vous préciser ceci : j’aurai l’honnêteté de vous raconter la roller parade dans ses moindres détails, malgré tout ce que cela a d’humiliant. Question d’honnêteté intellectuelle.

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Déjà, le parcours commençait par un tas de petites rues pavées et escarpées, ce qui n’est pas très chic de la part des organisateurs, vous en conviendrez.

Dès le signal de départ, j’ai pris un fameux retard sur le peloton. J’ai  les ai laissé les autres participants foncer à toute berzingue pendant que j’analysais l’étrange aspect du terrain. Là, j’ai voulu faire un peu d’humour en criant « Faux départ ! », mais personne ne m’écoutait, à part Nel qui essayait de me rassurer en m’expliquant que le sol serait plus praticable un peu plus loin.

C’est de cette manière qu’en cinq minutes à peine je suis devenue la lanterne rouge.

Les types qui encadraient l’événement se sont mis à me hurler dessus parce que j’étais trop lente à leur goût, que je devais me dépêcher parce qu’ils ont un timing à respecter. (Je croyais que le sport aidait à sécréter des hormones de joie, mais chez certains il semblerait que c’est plutôt de l’agressivité).

Etant donné que je tenais à peine sur mes jambes, il m’a semblé bien difficile d’accélérer la cadence.
Ils m’ont donc ordonné (au bout de 5 minutes de trajet, je vous le répète) de monter dans le bus balai, qui venait à peine de démarrer.

Nel, en fidèle amie qui braverait tout pour moi, même le ridicule, m’y a accompagnée. Dois-je le préciser ? Il n’y avait que nous deux dans la camionnette. Et Jean-Claude (le chauffeur), bien entendu.

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Jean-Claude nous a déposées un peu plus loin, là où la route était plate et lisse comme un miroir.

Là tout se passait mieux, surtout quand Nel me poussait dans le dos pour éviter les sarcasmes de l’équipe-d’-hommes-agressifs qui nous entourait à nouveau.

Ensuite, comme elle connaît bien le parcours, elle m’a avertie que le chemin allait monter très fort et qu’il serait plus prudent de remonter dans le bus.

Jean-Claude nous a laissées monter, parce qu’il nous connaissait bien. On a bavardé un peu avec lui. Il est chauffeur depuis 22 ans. On est redescendues un peu plus loin, après la route escarpée.

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« A plus, Jean-Claude Duss »

C’est scientifique : toute route qui monte doit redescendre un jour.

Nous avons donc entamé la descente. Je mourais de peur. J’entendais mes genoux jouer des castagnettes.
J’avais des visions de moi ayant fusionné avec un buisson plus bas, ou, pire, avec un lampadaire. Voyant mon air livide, Nel tenta de me rassurer en m’expliquant avec beaucoup d’assurance qu’elle me tiendrait par le pantalon pour éviter que je ne fasse un strike humain un peu plus bas.

Rapidement, mon cerveau évalua la situation : Nel pèse la moitié de moi. C’est une frêle jeune femme alors que je suis une force de la nature (je vous rappelle que je mange beaucoup de dinosaures russes).
« J’ai de la force », m’assura-t’elle.

C’est donc de cette manière que nous avons descendu la route, Nel positionnée derrière moi m’agrippant par la ceinture afin de ralentir notre allure. Je ne freinais pas (Nel s’en chargeait) et je fermais les yeux de panique. A ma grande surprise, nous sommes arrivées entières en bas, sans encombres.

Et puis, tout à coup, la route est devenue merveilleuse. Le macadam glissait comme de la soie, mes belles dragées avançaient élégamment sur l’asphalte.

Les derniers (ces loosers) étaient loin derrière moi et nous nous sommes même lancées dans une grande discussion philosophique sur notre dégoût pour les tomates crues.

Seulement voilà : Nel roulait un peu trop vite à mon goût et moi, trop fière pour lui demander de réduire un peu le rythme, j’essayais de l’écouter, de parler, tout en roulant, choses que toutes les vraies rollerwomans font très naturellement, dans le genre « je gère, Albertine ».

Sauf que je ne gérais rien du tout.

Et là, ce fut le drame.

Mes roulettes s’emballèrent, mon corps tangua dangereusement, mes bras firent des moulinets, suivis par mes pieds, et je fis exactement ce que l’on m’a dit mille fois de NE PAS faire : tomber en arrière.

Sur l’arrière-train, avec violence.

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(punaise, je me suis dessinée avec des bras quasiment Softenon)

Je me relève, un peu sonnée.

Les autres participants filent droit sur moi à toute vitesse en essayant de m’éviter au dernier moment (vous savez, un peu comme ces voitures sur l’autoroute qui se trouvent face à un obstacle : un cadavre de chien, une chaise en bois,…).

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Je reprends ma course, cette fois plus lentement. Je ressens une douleur qui me vrille l’arrière-train.

Cinq minutes plus tard, les roues d’une de mes dragée se bloque net. Plus moyen d’avancer.
C’est à ce moment là que Jean-Claude Duss arrive avec son bus (car je suis à nouveau la lanterne rouge) et qu’il nous ordonne de remonter avec lui.

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Je rappelle tout de même que j’étais là pour rencontrer de beaux jeunes rollermans.

Mais je ne recommande ce PEH à personne car :

– Les beaux rollermans musclés et qui assurent se trouvent à la tête du peloton, ce à quoi il est difficile de parvenir à moins de suivre un entraînement intensif.

– Je ne pense pas non plus que les hommes soient positivement fascinés par cette mine rougeaude que j’affiche dès qu’il me faut bouger les fesses – ce n’est donc pas lors d’un quelconque événement sportif que je rencontrerai un prince.

– Ce n’est pas non plus dans le bus balai que l’on rencontre des princes. On y rencontre plutôt ceux qui n’ont pas une condition physique d’enfer ou un moral d’acier, ou encore ceux qui rencontrent sur leur chemin nombre de problèmes techniques (à éviter).

– Les types de la roller parade, s’ils devaient être représentés sur un plan plus large (planétaire, par exemple), seraient dignes d’être de ceux qui dirigent un état totalitaire, une société où l’on élimine les plus faibles.

Quant à mon arrière-train, il est sévèrement paralysé, et la douleur est atroce.

coccyx-brise-e1472476941815« Bref, j’ai fait du roller »

Sportive de haut niveau

Pour rencontrer des hommes célibataires, j’ai acheté des rollers

Pour mon premier PEH, j’ai décidé de me joindre à Nel à la roller parade du jeudi.

Pour rappel : Un PEH, c’est un Plan d’Élargissement des Horizons. Destiné aux célibataires, il consiste à participer à une activité à laquelle ils n’auraient peut-être jamais participé naturellement.

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« Tu plaisantes, Joséphine ? Je suis née avec ces foutus trucs aux pieds »

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Il faut savoir que Nel a l’habitude de ce genre d’activité. Elle en fait toutes les semaines depuis des années et elle ondule sur le bitume comme si elle était née des roulettes greffées aux pieds.

Kailah Macri« Suis-moi, mon bichon »

Quant à mon expérience de ce sport, elle est plus limitée.

Enfant, je faisais bien quelques allers et retours en patins à roulettes dans la petite cour devant la maison, mais je ne tombais jamais parce que je marchais au ralenti, en soulevant bien mes pieds comme un cosmonaute qui aurait peur d’abîmer la Lune.

Pour faire du roller, il faut un minimum de matériel.

Ne fût-ce qu’une paire de rollers, me direz-vous. Et je pense que des protections chevilles-jambes-genoux-coudes-mains-visage ne seraient pas du luxe non plus, à vrai dire.

En femmes avisées, nous avons décidé de profiter des soldes afin d’acquérir ma panoplie de parfaite patineuse. Nel, en imminente spécialiste, m’a accompagnée. Elle voulait s’acheter une paire elle aussi, parce que les roues de ses rollers actuels se dévissent et elle pense (sans doute a raison) que ce n’est ni pratique ni sécurisant.

Hystérie dévastatrice des soldes oblige, il ne restait que peu de paires à ma taille, pour ne pas dire qu’il n’en restait qu’une seule. Mais quelle paire ! D’un rose bonbon irisé, ces rollers là ressemblaient un peu à de grosses dragées. Des rollers de Spice girls.

roller rose.png« Mire-moi ça »

Nel m’a conseillé de les essayer en me promenant un peu dans le magasin. J’ai donc obtempéré.

Mon intention était la suivante : ne pas la ramener et faire un petit tour nonchalant dans les allées du magasin.

C’est dingue comme l’équilibre -cet élément qui semble inné- devient rapidement une notion désuète et lointaine, une fois perchée sur ces engins.

J’ai très vite senti que les séances de mon enfance sur mes Fisher-Price à quatre roues et crans d’arrêt ne m’avaient pas suffisamment préparée à affronter la vraie vie d’adulte, celle où l’on doit chausser des bottines roses élevées sur une seule rangée de roulettes très très glissantes.

Vous vous en doutez : il ne m’a pas fallu deux minutes pour choir lamentablement et avec grand fracas parmi les tringles de maillots de foot, elles-mêmes montées sur roulettes.

essayage rollersUn choc violent, conduisant immédiatement à une fesse violette.

Quel sport dangereux.

Je croise les doigts pour que demain tout se déroule bien et que le circuit ne nous fasse pas passer le long de la Meuse. Car je refuse de déraper et de couler à pic, entraînée par le poids des grosses dragées vissées à mes pieds.

Trois fois hélas, je crains que le «Plan d’élargissement d’Horizons» ne se transforme pour moi en «Réduction de tous les horizons». Car une fois édentée, mon potentiel de séduction diminuera de beaucoup.

Et puis, étant donné que Nel possède maintenant deux paires de chaussures roulantes, elle veut bien m’offrir son ancienne paire.

Vous savez, celles dont les roulettes se dévissent…

 

 

Ca vous a plu ? Vous aimeriez connaître la suite ?

C’est par ici.

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La montagne, ça vous gagne

Un célèbre adage dit : « on ne naît pas tous égaux ».

Et c’est vrai.

Moi, par exemple, j’aurais pu grandir dans une famille d’oisifs.

Chaque été, nous serions partis à la Costa del Sol avec pour tout bagage : un tube de crème solaire à indice 50, un bikini à pois, un paréo, une paire de tongs et des lunettes de soleil avec montures à paillettes.

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« T’as le look, cocotte »

Les efforts de la journée se seraient limités à porter le parasol jusqu’à la plage, éviter (ou non) de le planter dans les orteils de hollandais à la peau cramée, se retourner régulièrement afin d’égaliser le bronzage avant-arrière, et éventuellement marcher en clapettes jusqu’au bar à smoothie de la digue.

« Trop dure, ma vie. »

Mais il n’en n’est rien.

Car évidemment, avec mon bol légendairej’ai grandi dans une famille de sportifs.

Et je ne vous parle pas de sportifs à la petite semaine, de ceux qui sortent le vélo le dimanche en proposant d’un ton doucereux : « Allons faire une ballade d’une demie-heure le long du rivage », non. Je vous parle des pires sportifs existant sur Terre : les montagnards.

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« Regarde, Patrick, même pas besoin d’utiliser les deux mains. »

Ceux qui te font marcher pendant 8 heures d’affilée dans des sentiers tellement escarpés que même les chèvres te regardent t’éloigner d’un regard mi apeuré mi impressionné.

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« Fatchaaa, ceux-là ! »

Ceux qui te font monter un col à vélo pendant tellement de kilomètres que même Eddy Merckx déciderait qu’il doit d’abord lever un peu le pied sur les pommes-frites avant de venir pédaler avec eux.

 

colle pritt« Ascension du Col Pritt »

« Ascension du Col Za »

« Ascension du Col Vert »

Ceux qui te demandent, frais comme des gardons : « Alors, elle t’a plu, cette petite excursion? » quand même Maurice Herzog aurait considéré une seule journée avec eux comme étant un exploit de plus à afficher à son palmarès.

« Putain de famille Peers »

Ceux qui te conseillent de pédaler avec tes bottines de marche, comme ça tu déposes ton vélo au col et puis tu vas marcher quelques heures jusqu’au sommet, « Et si on tient compte de la partie de pétanque qu’on fera après (rendez-vous ce soir au boulodrome, va falloir niquer leur race aux français qui nous ont mis la misère hier soir), alors on aura inventé un triathlon d’un genre nouveau : vélo-marche-pétanque, c’est trop cool ».

Ceux qui pensaient réellement qu’après le vélo-marche jusqu’au lac tu aurais encore la niaque de venir avec eux dézinguer ces connards suffisants de fransquillons. (Non, toi tu te vautres dans le canapé et tu bousilles 75 vies de Farm heroes saga rien que pour le niveau 167)

Ceux qui te font souffrir de ce que j’appelle communément « le syndrome de Cora », en hommage au personnage interprété par Karin Viard dans les randonneurs. Car dès que Cora (la dernière de la meute) rejoint, en suant comme un phoque et à bout de souffle le reste du groupe qui l’attend, elle a juste le temps de jeter son sac à dos par terre en hurlant et s’effondrer le cul sur un rocher avant que tout le groupe ne redémarre (« Allons allons, la pause est terminée »).

(D’ailleurs, il n’existe pas un été où je ne pense pas à Cora ou aux légendaires phrases de Benoit Poelvoorde : « Chaque pas est une planche, chaque planche est un pas »,  » La marche n’est qu’une succession de chutes rattrapées »).

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« Mais que Diable suis-je venue  faire dans cette galère ? »

Ceux qui te font penser que les trois ou quatre heures de sport que tu fais chaque semaine avec ton coach tortionnaire ne sont en fait que l’entraînement pour te permettre de les suivre lors de la semaine annuelle de vacances. Enfin, les suivre…avec ton syndrome de Cora, il va sans dire.

Et pourtant, disait Jean Ferrat avec tant de justesse, « Pourtant que la montagne est belle« .

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Ci-dessus : mon beau-père, tout beau au sommet de sa montagne

Et c’est qu’il avait raison, le bougre.

Irais-je jusqu’à dire que la magnificence du paysage vaut les litres de sueur perdus ? Irais-je jusqu’à affirmer que la splendeur des sommets n’est rien en comparaison de la douleur tenace qui vrille l’arrière-train de celle qui s’est brisé le coccyx quelques années auparavant et qui se remet en selle ?

La réponse est OUI.

Un grand oui plein de force et de conviction.

Mais surtout…

n’en dites rien à ma famille.

Ils risqueraient de découvrir qu’en réalité j’aime ça…

 

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Sportive de haut niveau

Toutes antennes dehors.

Ce matin, Catherine D. est descendue dans son jardin pour y cueillir du romarin. Et voilà qui elle a trouvé : trois mascottes namuroises soutenant les Diables. Elle y a vu un signe des dieux. Les dieux du football.

Mel-Bichon lui a conseillé de les garder, et d’en faire des mascottes si la Belgique gagne. Puisque Paul le poulpe nous a quittés prématurément, elle propose qu’il se fasse relayer par Origi, Jackie Chan et Lénine (respectivement le noir, le jaune et le rouge).

Et si la Belgique perd, alors nous pourrons les faire revenir dans de l’ail.

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Que la force soit avec vous, mes bons amis baveux.

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Mon entraînement chez les G.I. (à fond les formes)

Un jour, je me suis levée pleine d’allant. Et le miroir, ce vil traître, m’a renvoyé une image déplaisante : l’image d’une femme qui aurait pris une dizaine de kilos dans la vue sans vraiment s’en être rendu compte. Enfin, si, mais les kilos se sont glissés insidieusement, à force de tonnes de Dinosaurus avalés tout ronds, de litrons de Spriiit ingurgités, de mets en sauce léchés jusqu’au plat.

Ce même jour je me suis dit « Ressaisis-toi, jeune fille. Tu as trente ans. Ton métabolisme de ouf, ta plastique de rêve sont loin derrière toi, enfuis avec tes seize ans. Si tu veux emballer sur la plage cet été, tu sais ce qu’il te reste à faire : du sport. » Voilà comment je me suis inscrite dans la salle de sport la plus proche de chez moi.

Pour bien me motiver et ne point faiblir, j’ai tablé sur les cours collectifs. Ah, l’allégresse de la masse, la belle énergie du groupe, l’émulation des unes et des autres !  Je me suis très vite aperçue que mon cas était bien pire que ce que j’avais diagnostiqué : mon excellente condition physique s’était barrée en même temps que ma silhouette de mannequin.

Le prof, cette masse de muscles, a très certainement été formé chez les G.I. Son mot d’ordre : « Marche ou crève ». Son cours : un entraînement que Rocky et Rambo nous envieraient. Sa mesquinerie : « S’il y en a une qui s’arrête pendant l’exercice, je prolonge le temps chez tout le monde ». Sa passion : la torture. Sa marotte : venir nous narguer, tout frais, tout dispos, alors que nous sommes à l’agonie, l’aorte prête à rompre (« Tu as mal ? » « Je vais crever », lui réponds-je, des gouttes de sueur coulant le long de mon front. « Moi pas », répond-il, un rien amusé et très mesquin).

Aussi, j’oublie de vous dire, le plus pénible dans tout ça, c’est se retrouver dans un local recouvert de miroirs, entourée de bimbos sapées comme si elles se rendaient à un défilé, le teint de pêche, sans une once d’effort rendu, alors que vous, vous êtes : une génisse gélatineuse et dégoulinante emballée dans de vieilles fringues bonnes à tordre, portant aux pieds des chaussures trouées pleines de terre qui vous servaient à faire du jardinage. Qu’en sus vous êtes : puante (il va sans dire), assoiffée, tremblante, agonisante, un peu mal épilée. Mais vous êtes une coriace, et vous avez décidé que votre entraînement chez les G.I. porterait ses fruits ou ne serait pas.

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Sportive de haut niveau

Strip-tease

Je suis allée chez Marielochka. Et, comme chaque fois que je vais chez elle, elle me confond avec une sportive de haut niveau et m’oblige à aller à la piscine. (Une piscine olympique, en plus, dans laquelle on a toujours l’impression que l’on va se noyer tellement la distance est longue et tellement le bassin est profond. Pour vous dire à quel point la piscine est grande, on ne voit pas l’autre rive). Soit. Je voulais juste vous expliquer qu’à la piscine de Nivelles, il faut retirer ses chaussures à l’entrée des cabines afin de ne pas les salir. Il y a un grand banc en bois sur lequel vous pouvez vous asseoir pour les retirer plus facilement. Après seulement vous pouvez entrer dans votre cabine et vous changer. En grande conversation, nous étions.