Reine des fourneaux

« Andalousie, je me souviens » (1)

Avec Mère, nous avons entamé un périple d’une semaine en Andalousie. Nous y avons rejoint Geneviève (appelons-là tante Olympe), son amie de longue date, qui vit en Espagne et qui vient de s’acheter un pied-à-terre dans cette région.

Comme elle vit depuis presque trente ans au pays des castagnettes et de la sangria, Tante Olympe a une légère tendance à mixer le français et l’espagnol, créant ainsi une langue originale et un brin déstabilisante. Par exemple, en venant nous accueillir à l’aéroport, elle nous a demandé, d’un air vaguement inquiet : « Vous avez pris vos tarjetas ? ». Ce à quoi nous lui avons répondu un « Euh… » dubitatif.

Tante Olympe n’est pas du genre vantarde, mais elle s’est quand-même targuée de réussir une paella que ses voisins espagnols lui envient (il faut dire qu’ils se contentent de balancer dans une grande casserole à pression tous les aliments en une seule fois alors qu’elle applique consciencieusement la recette traditionnelle que sa belle-mère lui a transmise).

Je lui ai donc demandé de m’apprendre sa fameuse recette, afin de pouvoir à mon tour épater la galerie en « triomphant » (une expression espagnole décrivant ces instants où vos convives se délectent de votre plat, veulent se resservir, ne tarissent pas d’éloges, caressent de leurs mains sales leur ventre gonflé en émettant des grognements d’ours repu).

Toutes les trois, nous sommes parties faire les courses. Tante Olympe nous a dit : « Il ne faut pas oublier d’acheter des agneaux de poulpe ». Mère et moi nous sommes jeté un regard en biais, (un rien narquois peut-être) qui disait un silencieux : « Mais de quoi parle-t’elle encore ?! ». « Peux-tu nous préciser ce que sont des agneaux de poulpe ? » ai-je risqué. « Je veux dire des anillos de poulpe. Des anneaux. » Un long « Aaaah… » est sorti de nos bouches : ça percolait enfin.

Nous sommes rentrées à l’appartement afin de cuisiner cette fameuse paella qui nous faisait tant rêver.

Au moment de passer à table, tante Olympe nous a précisé : « D’habitude, on ajoute des cigales, dans ce plat-là. » Nos mâchoires se sont défaites. « Des cigales ?!!! ». « Oui » a-t’elle répondu. « Des grosses cigales entières ».  Il y eut un silence puis elle ajouta « Mais je n’en n’ai pas mis aujourd’hui ».

« Oh, ce n’est pas grave » a ajouté Mère, visiblement soulagée d’avoir évité les gros insectes dans sa resplendissante assiette.

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Ci-dessus : notre splendide création. Et, pour votre info, sachez qu’écrevisse se dit « cigalas » en espagnol. Ouf.

Reine des fourneaux

Qui c’est ? C’est le plombier

L’ évier de ma cuisine était bouché.

Mais quand je dis bouché, je ne dis pas charcutier (Wohooo!).

J’ai tout essayé pour le déboucher : utiliser cette bonne vieille ventouse qui atomise vos fringues parce qu’elle envoie de l’eau dégueulasse partout, empuantir mon studio en faisant bouillir de l’eau vinaigrée, tuer des bébés phoques en balançant des litrons de Destop.

Mais rien à faire, l’eau restait dans le fond de l’évier, sans même faire mine de vouloir s’évacuer.

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Mon propriétaire m’a dit : « Je vais venir vous déboucher ça ».

Je l’ai attendu deux mois.

Deux mois durant lesquels j’ai fait ma vaisselle dans ma salle de bains, le dos en ruine.

Quand mon propriétaire est enfin venu faire la réparation, il m’a téléphoné pour me dire : « Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu. Mais je suis impressionné. Parce qu’il y avait dans vos tuyaux un bouchon long de plusieurs mètres. J’imagine que ça doit être une forme d’usure naturelle, due à 15 ans d’accumulation, mais c’était tout de même impressionnant, je tenais à vous le dire. »

Quand j’ai raconté ça à ma filleule, elle m’a dit, le plus naturellement du monde : « Mais enfin, marraine, réfléchis un peu. Ce sont probablement tes invités qui jettent le contenu de leur assiette dans ton évier dès que tu as le dos tourné. »

Et ce qui m’inquiète le plus dans cette histoire, c’est que pour pouvoir avoir une idée aussi saugrenue… elle a déjà dû y penser.

Ou même… le faire, non ?

Perverse jeunesse.

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Persécutée par les animaux·Reine des fourneaux

Peut-être une solution

Braisé, cuit à l’étouffée, posé sur un lit de navets, revenu aux petits oignons, en gratin, en cocotte, ce ne sont pas les modes de cuisson ni les recettes qui manquent et je m’essayerais à tout si seulement cette charogne de Figaro n’était pas aussi peu fourni en viande et s’il n’avait pas l’air aussi malingre (quoi qu’à force de dévorer mes déchets, la bête se remplume peu à peu)

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Pour info, c’est Alf, mon mentor, qui m’a donné cette idée.

Et puisque je vous l’avais promis, je suis partie en reportage afin de photographier le vilain animal (oui je sais, je suis restée dans mon salon, ça se voit parce que la vitre est sale mais il s’avère que je suis extrêmement sensible aux températures négatives)

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