Persécutée par les animaux

Un seul chat vous manque…

Une fois n’est pas coutume, c’est une triste nouvelle que je vais vous annoncer aujourd’hui, le cœur serré.

Dudulle, le héros de ce blog, va s’éteindre ce soir. Il va partir au Paradis des chats où, parait-il, on distribue les croquettes à foison et le mou pour chat à volonté. Un Royaume où l’on peut pisser tranquillement et chier à loisir, sans se faire enguirlander.

Quand il rentrera du travail, Matthieu ne pourra plus lui dire sa phrase préférée : « Alors, ça a été, ta journée de glande ? ». Il ne pourra plus plonger sa main dans ce pelage soyeux qui s’envole et va se ficher dans tous les coussins.

Et tant d’autres choses encore.

Mais je suis certaine que de là-haut, il gardera un œil attendri sur Matthieu-son-Maître, et qu’il nous enverra un ronronnement, preuve irréfutable qu’il est bien arrivé et que nous n’avons plus à nous en faire pour lui.

Dors en paix, mon Dudulle, toi qui as toujours vénéré cette activité…

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Cliquez sur les images pour évoquer quelques souvenirs.

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De l’utilité des chats

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Des nouvelles de Dudulle

Persécutée par les animaux

MMA : Malédiction du Monde Animal

(Pour info, cet article est le 666ème de ce blog. Le chiffre du Diable. Vous verrez à quel point cela fait sens).

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Je dormais du sommeil du juste, bien enroulée dans ma couette, quand j’ai été réveillée en sursaut par un « flap flap » qui venait de ma fenêtre. Il était deux heures du matin.

« C’est le gros oiseau noir » me suis-je dit. « Il a changé d’horaire ». « Et de fenêtre ».

Le flap-flap a continué. Alors je me suis levée, bien décidée à frapper au carreau pour dire à Anatole ce que je pensais de son attitude nocturne très peu constructive.

A peine avais-je effleuré mon rideau que je me suis mise à hurler. Mon adrénaline n’a fait qu’un tour, me fouettant les sangs. Quelque chose est sorti de là derrière. Quelque chose qui avait des ailes et qui s’est envolé dans mon appartement. Quelque chose qui n’était PAS Anatole. (Parce que ma méconnaissance du règne animal a beau être abyssale, je sais quand-même reconnaître un gros oiseau noir quand il s’introduit dans ma chambre). La chose volait à une vitesse indescriptible, en proie à la panique. J’ai allumé, à bout de souffle.

C’était une chauve-souris.

Je crois.

Elle longeait les murs au même rythme que les battements de mon cœur.

Mon cerveau reptilien ayant pris le contrôle de ma personnalité, j’ai bénéficié de réflexes inopinés. J’ai ouvert la fenêtre en grand. Car oui, elle était FERMÉE (ce qui sous-entend que la créature logeait derrière mes rideaux vintage depuis quelques jours déjà).

Josiane la chauve-souris semblait étudier la question en mesurant la distance entre les murs et les fenêtres. Deux minutes plus tard, elle était déjà sortie, me laissant seule, hébétée, palpitante et surtout… définitivement persuadée que je suis la proie d’une MMA (Malédiction du Monde Animal).

A un degré très sévère.

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Persécutée par les animaux

A vol d’oiseau

Le gros oiseau noir a encore toqué à ma fenêtre avec son bec. J’étais juste en-dessous de lui, en train de faire fristouiller des champignons. Je l’ai regardé, surprise. Il m’a regardée aussi. Il a toqué encore. Des coups brefs, puis des plus longs.

Soudain j’ai su : « Il me parle en morse ! ». Mais comme je n’ai pas fait mon service militaire et que j’ai horreur des scouts, je n’ai pas pu interpréter ses propos. « Il y a de graves lacunes de communication entre nous, mon gros oiseau », lui ai-je déclaré. Il me fixait de son regard sombre.

Très lentement, pour ne pas lui faire peur, je me suis accroupie pour essayer d’attraper mon appareil photo. Il ne me craignait visiblement pas. Il continuait à faire un peu de morse avec son bec en me regardant fixement. Mais au moment où j’avais mon appareil en mains, il s’est envolé.

Je suis persuadée qu’il le fait exprès.

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Je vous jure qu’il existe.

Persécutée par les animaux

Chat gris et Gricha

Je vous le dis et vous le répète : le règne animal entier est ligué contre moi.

  • Babette la chouette pleure toute la nuit. (Des sanglots longs, des violons de l’automne qui blessent mon cœur d’une langueur monotone).
  • « Cujo-chien de l’enfer et du chaos » aboie tout le jour.
  • Le gros oiseau noir frappe sur ma tabatière avec son bec. Il me regarde même parfois prendre ma douche.

Dans chacune de mes habitations, le topo a été le même : Persécution Animale Inquiétante. (Souvenez-vous de Figaro, de Yves le coq, de Pascaline, et j’en passe).

Parfois, on me dit, d’un ton suspicieux : « Je me demande si tu n’exagères pas un peu, Nathaliochka. » Ce que je réfute. Haut et fort.

C’est pour cette raison que j’essaye de photographier le gros oiseau noir. Pour vous montrer. Vous amener des preuves. Mais il s’envole toujours au moment où je saisis mon appareil photo, le perfide.

Heureusement, dans la vie périlleuse d’un photographe animalier, il y a des proies plus faciles à matraquer que d’autres.

En descendant dans le parking, j’ai enfin pu capturer la preuve irréfutable que les animaux sont à mes trousses.

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Un des huit chats de la voisine du dessous s’est approprié la Queen Elisabeth, MA voiture.

Quand je suis entrée dedans, il n’a pas bougé. Quand j’ai mis le contact, il n’a pas bougé. Quand j’ai démarré, il n’a pas bougé.

Je ne sais pas à quel moment du trajet il a fini par sauter. Toujours est-il qu’une fois arrivée à la bibliothèque, j’ai constaté qu’il n’était plus sur mon toit.

J’espère que je n’ai pas reculé sur lui.

Ça aurait pu abîmer mes pneus.

Persécutée par les animaux

Je boude

Il y a plein de choses qui se passent mal dans le Monde, en ce moment. J’en ai dressé une liste non exhaustive (c’est mon nouveau passe-temps) :

  • Les vacances n’approchent pas assez rapidement à mon goût.
  • Il pleut tellement que j’entends Noé clouer son Arche.

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  • J’ai replongé dans Farm heroes saga après 10 mois de sevrage, ce qui prouve que je suis un être faible.
  • Je mange beaucoup de galettes au chocolat. Et des chips, aussi.
  • Vendredi, pour aller travailler, j’ai cherché une place pour me garer pendant une demie heure. J’avais envie de pleurer au milieu de la route et puis de retourner chez moi.
  • Un oiseau noir avec un très gros bec frappe souvent à mon carreau. J’ai peur. J’ai l’impression d’être dans le film de Hitchcock.
  • Je joue tellement à Farm heroes saga qu’au moment de m’endormir, je vois des fraises et des oignons se mettre par combinaisons de trois puis disparaître, me rendant insomniaque.
  • J’ai essayé de photographier l’oiseau noir afin de vous prouver son existence mais il s’est envolé au moment où j’appuyais sur le déclencheur, me laissant seule avec une photo de fenêtre et une réputation de grosse mythomane.

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Alors je boude.

Et comme je boude, je dresse la liste des choses que je n’aime pas.

J’aime pas :

  • Les tomates crues. Quel aliment immonde.
  • Dépasser un vélo. Le pire, c’est quand il vous redépasse plus loin, réduisant votre victoire à néant.
  • Manger en écoutant de la musique. Je n’y parviens pas, ça doit être physiologique.
  • Les rats. Ça me fiche une frousse bleue, ces trucs-là. D’ailleurs, j’ai appris que ma hantise porte un nom très scientifique : la musophobie (ou phobie des museaux ?)
  • Les personnes qui disent « Il s’appelle retour » quand je leur emprunte un objet. Comme si j’étais le genre de personne qui n’allait jamais leur rendre !
  • Mettre des nouveaux draps de lit. Faut avoir fait bac +10 et posséder une vision spatio-temporelle de ouf, pour réussir à ne pas se retrouver étouffée dedans, à la place de la couette.
  • Faire sécher mon linge. Mais bon, il faut bien dire que je n’ai pas de grandes accointances avec les tâches ménagères tout court.
  • Les monstres marins. Et toutes les choses immergées en général. Ça me fait flipper ma race.
  • Les gens qui disent « Ce qui leur faudrait, c’est une bonne guerre ». Mais Dieu merci je n’en connais pas beaucoup.
  • Les jeux de société. Je les ai en HORREUR.
  • Les scouts et les classes qui montent dans le train sans avoir réservé de wagon.
  • Les gens qui ont une poignée de main molle.
  • Les conducteurs qui ne mettent pas leur clignoteur dans un rond-point. C’est en option sur ta caisse, gros tocard ?! Tu crois peut-être que je suis un putain de médium qui va deviner où tu vas tourner ?

Comme vous pouvez l’imaginer, cette liste n’est pas non plus exhaustive. Et l’avoir dressée m’aide un tout petit peu à moins bouder. Et vous, il y a quoi sur votre liste de « J’aime pas » ?

Persécutée par les animaux

Le psychopathe au chihuahua

Un jour, un homme s’assied à côté de moi à l’arrêt de bus. La cinquantaine, les cheveux grisonnants coiffés à la brosse, les traits tirés, une chaîne imitation or autour du cou, des vieux tatouages délavés sur les poings et les doigts.

Mes amies m’ont souvent surnommée « BDC », parce que j’ai toujours « Beaucoup De Chance » dans la vie. Et c’est vrai. Parce que l’homme, non content d’entamer la conversation avec moi à l’arrêt de bus, s’installe à mes côtés afin de me livrer quelques éléments de sa palpitante existence. En quelques minutes, je sais déjà :

– qu’il habite seul dans une grande maison avec son dalmatien et son chihuahua

– qu’il a un seul ami sur cette vaste Terre, que cet ami est facteur et que cet ami facteur a essayé de tuer sa femme quand il a appris qu’elle le trompait

– que Mister Chihuahua, lorsqu’il a appris cela, a tenté d’arrondir les angles et a expliqué à son ami facteur que s’il tuait sa femme, il ne serait pas plus avancé. (Ce qui me fait dire que l’homme qui était à mes côtés dans ce bus était à la fois pacifiste et empli de bon sens)

– qu’il a perdu son travail il y a quelques années, qu’il se sent seul à Namur-city et qu’il ne connaît pas de chouettes endroits où sortir et faire des rencontres féminines.

Et bien entendu, c’est à ce stade de la conversation que le bât a commencé à blesser, mais je crois que je ne me rendais pas encore bien compte de l’étendue des dégâts que cela allait engendrer. Je n’avais pas de recul, comprenez-vous. Et je voyais la gare se rapprocher salutairement de nous. Je suis descendue en saluant Mister Chihuahua avec toute la politesse que m’ont transmise mes parents.

Quelques jours plus tard, on frappe à ma baie vitrée. Je descends de mon atelier et tombe nez à nez avec… Mister Chihuahua en personne.

En moi résonne un cri de panique. Des points d’interrogation sortent par mes oreilles.

Je n’ai jamais donné mon adresse à cet homme. Ni mon nom, d’ailleurs.

Ce qui sous-entend qu’il a probablement quadrillé le quartier à ma recherche.

C’est un peu, admettez-le, un scénario digne d’un film d’horreur. Mis à part ce petit chihuahua, peut-être. Qui sautille au bout de sa laisse, très content de sa promenade.

J’ouvre la porte. Que faire d’autre ? Il s’agit d’une baie vitrée qui révèle l’entièreté de la maison.

-« Que faites-vous ici ?! » demande-je à Mister Chihuahua.

– « On est venus te dire un p’tit bonjour » me répond-il, visiblement ravi.

Et là il fait un pas, entre chez moi et s’affale sur le canapé en demandant à Câline d’arrêter de sauter en l’air comme ça.

En moi parle la pédagogue. J’explique à l’homme que je suis une femme seule et que ça peut éventuellement foutre les boules de savoir qu’un inconnu a sillonné le quartier à ma recherche et s’invite chez moi. Et ce n’est pas un chihuahua qui rendra l’affaire moins sordide, bien au contraire.

Je lui demande de ne plus jamais mettre les pieds chez moi.

L’homme, visiblement déçu, regarde tristement ses pieds et déclare : « C’est fort dommage, parce que j’avais envie de te présenter mon dalmatien qui est resté à la maison. »

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Non mais, parfois, je me demande s’il n’y a pas qu’à moi qu’il arrive des choses pareilles…

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Persécutée par les animaux

Mes connaissances ou méconnaissance ?

Moquez-vous tant que vous voudrez de ma méconnaissance du monde animal. Tout cela parce qu’un jour je me suis écriée « Oh ! Un truc brun » alors qu’un lièvre bondissait hors d’un buisson. Ou parce que j’ai dit récemment que les poules n’étaient pas des oiseaux. (« Mais que veux-tu qu’elles soient alors ? Des poissons ? »).

Mais il y a des personnes de mon entourage qui sont pires que moi.

Mon amie Christine a tout de même dit cette phrase légendaire le jour où elle a manqué écraser un renard : « Oh ça alors ! Tu as vu le gros écureuil ?! ».

Je croyais que personne ne lui arrivait à la cheville mais samedi passé, un illustrateur dont je tairai le nom a rattaché la crevette grise au règne des insectes (« Une crevette, c’est un gros insecte, non ? ») et, mieux encore, mon ami Sébastien, qui fumait des clopes devant un mouton et une chèvre qui paissaient paisiblement dans une prairie m’a demandé « Nath, lequel des deux est une vache ? »

Moi, à côté, vous reconnaîtrez que je gère vachement.

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Légende : C’est pourtant pas compliqué

Persécutée par les animaux

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La voisine du dessous a huit chats.

Son truc, c’est de recueillir les orphelins, les estropiés, les rejetés et les mentalement instables .

Parmi ces chats, il y a « le P’tit gris ».

Le P’tit gris n’a pas peur de ma voiture, la Queen Elisabeth.

Son truc, c’est de rester au milieu du chemin quand je rentre dans le parking. Besoin de jouer avec le feu ? De faire monter son adrénaline ? Inconscience du danger ? Besoin de provoquer ? Je l’ignore. Mais il se peut qu’un jour, le P’tit gris finisse en carpaccio sous les roues de la Queen. Ou alors sauté avec de l’ail.

Il parait que c’est incomparable, le p’tit gris sauté à l’ail. Je crois même que c’est une spécialité namuroise.

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Chanteuse de renom·Persécutée par les animaux

Bref, j’ai chanté

Hier soir, nous allions manger chez Violette Doublevé.

Violette Doublevé est cantatrice. Une vraie. Une chanteuse lyrique qui a de la classe et du coffre, une Callas en herbe (désolée, mais c’est à peu près l’unique référence que je possède en la matière) qui a le don de nous scotcher, parce que quand elle demande « Passe-moi le sel », il se peut qu’elle le fasse avec sa voix de sprano-alto-super-baryton, et c’est toujours du plus grand effet.

Je suis jalouse de Violette Doublevé.

Parce que j’aurais aimé être chanteuse.

J’aurais peut-être plus percé sur la scène rock-underground-alternative qu’à l’opéra, mais j’aurais adoré savoir chanter. Je serais devenue une Catherine Ringer de choc, une Patti Smith d’enfer, une Bjork du tonnerre de Dieu.

J’aurais soulevé les foules et déchaîné les passions. Ma voix aurait bercé des milliards d’êtres humains sur Terre et il y aurait un tas de posters à mon effigie.

Avant de partir chez Violette Doublevé, j’ai décidé d’entonner un petit air d’opéra dans les wc de Père. Le chat Confetti était là, installé à côté de moi, le regard intrigué.

J’ai chanté.

Aussitôt, j’ai vu les oreilles de Confetti s’aplatir. Il a fait le gros dos. Ses poils se sont hérissé, et, sans que j’aie eu le temps d’entamer mon refrain, il s’est jeté sur moi. Il s’est emparé de ma main droite et y a planté ses dents. Tout en me mordant, il me griffait de ses deux pattes, visiblement effrayé par mes vocalises.

C’était sa façon de me demander de stopper mon chant qui, apparemment, lui avait mis les nerfs à rude épreuve.

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Et après, on viendra dire que les chats sont mélomanes. Faudrait pas pousser Bobonne dans les orties. Celui-là doit avoir du mou pour chat dans les oreilles, en tout cas.

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