Issue d'une Sacrée famille

Tribune sur les vieux

Père est pensionné depuis peu.

Et comme il grognait un peu à la maison en tournant en rond (Père s’est dévoué corps et âme à son métier), Belle-maman lui a intimé l’ordre de se trouver une nouvelle occupation. Alors Père s’est inscrit dans un groupe de marche pour seniors (nous, on aime mieux dire « les vieux », mais il parait que ce n’est pas assez bien pensant).

Indiana-Jones

« Je vais faire un petit tour en Gaume »

Quand on se moque de son groupe de vieux, Père nous répond inlassablement : « Eux ? Ils vous enterreront tous. Ils ont une forme de tous les diables. Ce sont des sportifs, hein. Pas des vieux grabataires qui marchent derrière une tribune ».

Quand il répond ça, je ricane un peu. C’est vrai, quoi, j’ai à peine 30 ans, je mange beaucoup de courgettes cuites à la vapeur et je fais du step un mardi soir sur huit. Ce ne sont pas des trois fois vingt qui vont me mettre la pâtée.

rhinocéros course

« Licorne powa »

Le mois passé, l’asbl organisait son dîner annuel.

Père nous a demandé de venir. Il a insisté sur le fait qu’il s’agissait là d’un nouveau pan de sa vie et que cela lui plairait que nous le découvrions.

Rencontrer un groupe de marche sans marcher mais en mangeant des boulettes ? Moi j’étais ok pour le concept. « En plus », nous a-t’il dit, « il y aura de l’accordéon ». (Argument inrejetable).

yvette horner

« Trop de la balle »

Je ne peux pas vous dire avec précision à quoi je m’attendais, mais certainement pas à cela.

Des vieux par dizaines. Que dis-je, par centaines. Sans vous mentir, sur environ 400 personnes, nous étions les seules (Caro, Axelle, Belle-maman et moi-même) à avoir en dessous de 60 ans. Rien de grave, me direz-vous. Mais du coup, on nous regardait comme des bêtes curieuses. Des bêtes de foire.

darlene-levin

« N’ayez crainte »

Axelle, du haut de ses 13 ans, me broyait le bras, en proie à une attaque de panique. Elle ne s’est pas sentie mieux quand un vieux Monsieur s’est penchée sur elle en lui disant qu’il s’y connaissait en femmes, parce qu’il avait eu trois femmes et deux filles. Il lui crachait un peu son dentier à la figure.

Carine faisait de l’humour de vieux à répétition. De l’humour où il était question de pacemaker, de charentaises et de funérarium.

Caro jouait des coudes avec une petite vieille qui essayait de lui prendre sa place dans la file du buffet froid. La dame observait tous les plats très longuement avant de choisir elle-même la pêche au thon qu’elle voulait dans son assiette. « Celle-là », disait-elle au serveur.

« Elle est méchante. »

Père et ses nouveaux amis étaient en forme. A l’instant où chaque plat se terminait, tous se levaient comme un seul homme pour aller danser. Ils incendiaient la piste en se trémoussant sur des rocks endiablés, des polkas du feu de l’enfer et des tangos débridés. Ils étaient déchaînés.

Il n’y avait pas de boule à facettes, mais quand le quart d’heure disco a commencé, Père a donné tout ce qu’il avait. Son style particulier (un mélange audacieux entre Maurice Béjart et Claude François) a fait mouche. Il a fendu la foule pour venir nous chercher.

saturday night fever

« Mon Père, ce héros »

« Venez danser avec nous !  » a-t’il haleté, rouge et transpirant.

« Non merci », a dit Carine  » J’ai mes rhumatismes qui me font mal ».

« Non merci » ai-je ajouté « Mon cœur risque de lâcher si je danse sur Abba ».

« Je ne viens pas non plus » a décrété Caro « Je digère mal mon petit gâteau au chocolat ».

« Non merci » a dit Axelle. « Je suis en train de me liquéfier d’un ennui mortel ».

ennui mortel - nathalie sacré

« Jeunesse en péril »

« Ah ah ! » s’est exclamé Père en se martelant la poitrine (signe chez lui de victoire) « Et après on viendra dire que c’est nous les vieux !!! Je vous l’avais dit : on vous enterrera toutes ».

Et il est reparti vers la piste de danse en levant le bras à la John Travolta dans Saturday night fever, nous laissant siroter tranquillement notre petite tisane.

 

Issue d'une Sacrée famille

Centrale de services à domicile

En ce moment, ma famille est estropiée.

Et ce n’est rien de le dire.

Ma mamy a le bras dans la plâtre, Dieu sait comment elle a fait son coup.

Ma tante a trébuché dans un escalier imaginaire et s’est cassé l’épaule : elle est quasiment plâtrée des pieds à la tête, genre « le retour de la momie ».

Caro a un lumbago, elle est alitée depuis des jours et des jours façon Frida Kahlo, sauf qu’au lieu de peindre, elle regarde des séries.

Quand on est estropié, on ne sait plus rien faire, ou du moins plus grand chose.

Pour ce qui est de mamy, je peux dire que tout va bien, elle s’auto-gère puisqu’elle conduit avec son plâtre. J’imagine que ça doit ajouter une petite touche d’exotisme à sa conduite déjà si particulière.

Je m’occupe donc d’une partie des lessives et des courses de ma tante et de ma filleule. Je le fais avec plaisir car Jésus a dit : « Aide ton prochain et le ciel t’aidera ». Et puis, surtout, je pense que le jour où moi aussi je trébucherai dans un escalier imaginaire, je pourrai lui rappeler tout ce que j’ai fait pour elle et je serai servie comme un coq en pâte. (non, tout ce qu’ELLE a fait pour moi depuis le jour de ma naissance ne compte pas, c’est juste normal).

Quant à ma sœur, je la conduis faire ses courses. Je ne me moque jamais d’elle. Je ne lui dis pas que toutes les petites vieilles essayent de nous dépasser avec leur caddie parce qu’on marche trop lentement. Je ne lui dis pas qu’il est très risqué de traverser la rue parce que le temps qu’elle traverse, des voitures peuvent arriver et nous foncer dessus. Je ne lui dis pas qu’un homme séduisant la regardait depuis le trottoir d’en face mais que quand il a vu sa démarche il a baissé le regard parce qu’elle fait désormais partie des faibles créatures de la nature et qu’il est bien connu que dans le règne animal, les estropiés sont laissés sur le carreau, tragique loi de la sélection naturelle.

Je l’ai conduite chez le médecin, aussi. D’ailleurs, c’était la quinzième fois que je venais chez lui pour quelqu’un d’autre. D’abord Mathilde quand elle a fait une bronchite. Puis Caro quand elle s’est bloqué la nuque. Ensuite j’ai accompagné Aglaé quand elle a eu des acouphènes après le concert de Maître Gims. Et enfin Caro rebelote avec son dos.

Je crois qu’El Doctor ne s’y retrouve plus bien dans notre famille, parce que certaines de mes sœurs ont le même nom que moi, d’autres s’appellent autrement, ma cousine porte le nom de sa mère qui est aussi le mien, et il me voit venir chaque fois avec une personne différente.

J’ai proposé à El Doctor de devenir son assistante, à force de venir avec des échantillons de maux divers et variés. D’ailleurs, quand il a demandé à ma sœur de lever sa jambe gauche et qu’elle s’est écriée « Aïe aïe aïe », j’ai déclaré d’un ton très assuré : « Sa douleur vient du côté gauche ». Il n’a rien dit. M’a à peine encouragée. C’est que ce n’est pas un grand comique, ce Docteur.

J’en oubliais presque de vous dire que l’autre jour, Mère a appelé. « Tu fais quoi ? » m’a-t’elle demandé. Elle savait que je répondrais « Rien », parce qu’il est de notoriété publique que je ne fais rien, et c’est précisément cette réponse qui a précipité ma perte. Elle s’est engouffrée dans ce « Rien » pour ajouter : « Je peux te demander un service, alors ? ». « Bien entendu, chère Moumi-troll ». »Tu peux aller acheter des arêtes de poisson pour l’examen de cuisine de Mathilde ? C’est ce soir à 17 heures et elle n’en n’a pas. »

C’est comme ça que je me suis retrouvée à sillonner toute la région en quête d’arêtes de poisson. C’était le seul jour où il a fait mourant de chaud, et je cuisais dans ma voiture. J’appuyais sur le champignon en regardant l’heure sur mon tableau de bord : bientôt 17 heures et pas une seule arête. Une vraie course contre la montre. J’avais l’impression d’être dans une de ces bêtes émissions américaines remplies de défis à la con, et j’avais chaud.

Mais tout cela m’a donné une idée : créer ma société de services en tous genres. Je crois que je ferai fortune. Et des heureux.

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Vendredi soir

Une tradition séculaire datant d’il y a environ deux mois veut que nous passions le vendredi soir en famille. C’est simple : je ferme la porte de la Bédéthèque à 16h30, je vais à la piscine pour faire quelques longueurs (j’ai la piscine pour moi toute seule alors je peux faire des moulinets avec mes bras), je mets une pièce dans le sèche-cheveux, je vais faire un bisou à Sophie P qui travaille dans la bibliothèque qui se trouve en-dessous de la piscine (je vous avais dit que toutes mes collègues s’appellent Sophie ?) et je file chez Père.

On mange des chips bâtonnets de carotte, on boit du coca de l’eau pétillante et Belle-maman prépare ce qu’on lui a commandé la semaine précédente (poisson cuit à la vapeur, épinards frais).

On regarde Kho-Lanta à la télé en recevant des messages de Coco – plus communément baptisé « Coco le poulpe » car il possède un don très particulier : tout comme Paul le poulpe qui savait prédire l’issue de matchs de foot, Coco sait prédire le dénouement des émissions de télévision. Regarder The Voice avec lui n’a aucun intérêt. Dès qu’un participant monte sur scène et chante deux ou trois notes, Coco le poulpe s’écrie « Zazie va se retourner. Et Mika aussi, je pense ». Et il vise toujours juste.

C’est pour cette raison qu’il ne peut pas se joindre à nous le vendredi. Nous lui avons ordonné : « Reste chez toi, Coco-Lanta. Tu brises tout le suspense »

Alors Coco-Lanta se venge en envoyant des messages : « Ils vont éliminer Huw ».

Mais ça fait partie du vendredi aussi, de se faire spoiler par Coco-Lanta.

paullepoulpe

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Quelques peines et quelques joies

La plus jeune de mes sœurs, celle qui a treize ans et qui est née avec un Smartphone en mains (il parait qu’il y a une génération technologique entre nous) a décidé de m’offrir un téléphone à écran tactile.

Elle en avait marre de voir que je mettais des plombes à répondre aux sms sans le mode dictionnaire sur mon vieux Samsung à clapet.

Mélanie, toujours prompte à se moquer de moi, lui a dit : « Oh trop génial ! Je veux être là le jour où tu lui offres ».

D’abord, j’ai paniqué.

  • Parce que je l’ai reçu le jour où les services de téléphonie ont coupé les réseaux et que je l’ignorais (« Putain mais il ne fonctionne pas, ce truc »)
  • Parce qu’il n’y avait pas de touches
  • Parce que j’avais l’impression que mes mains étaient des moufles quand j’essayais de faire une manipulation
  • Parce que j’avais perdu l’étendue de mon répertoire
  • Parce que quand j’ai enfin réussi à passer mon premier coup de fil (à Caro) je suis tombée sur sa messagerie, mais je ne suis pas parvenue à raccrocher. D’ailleurs, elle m’a dit que le message avait duré 20 minutes et qu’il était trop marrant à écouter (même si un peu long) parce que je répétais tout le temps : « Rha ben merde, je ne trouve pas le bouton pour raccrocher ».

Quelques jours plus tard, tout allait mieux.

  • Les réseaux de téléphonie avaient repris leur activité
  • J’ai enfin compris qu’il n’y avait pas de touches sur un écran tactile
  • J’étais devenue experte en déverrouillage TACTILE de clavier
  • J’avais mystérieusement réussi à importer mes contacts
  • Je raccrochais en dessinant le Z de Zorro sur mon écran.

Ensuite, Lizzie m’a envoyé un message disant « Je t’apporte tes clés » suivi d’un bonhomme de neige, d’une demie lune et d’un flocon. Je lui ai répondu « Merci beaucoup » avec une maison entourée de cœurs et une grenouille (il n’y a pas de raton-laveur, ça ça craint vraiment). Ce sont ces quelques émoticônes qui m’ont rapprochée affectivement de mon nouveau téléphone.

Je sens que je vais faire une grosse utilisation des smileys. Pas lourde du tout, et toujours fort à propos.

Par exemple : « Tu passes prendre un dernier verre à la maison ? »

les-emojis-comme-outil-de-don

PS :  En recherchant des images, je suis tombée sur cet article intitulé  » Les célibataires qui utilisent les émojis font plus souvent l’amour » (sous entendu, j’imagine, « …que ceux qui ne les utilisent pas »). Si cela vous intéresse, cliquez ICI, et je pourrez lire un article de fond ma foi fort intéressant.

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Père est foot

Père aime le foot. Père supporte les Diables.

En 1986, j’avais six ans (stop, ne vous fatiguez pas à calculer, je suis née en 80) et les p’tits belges sont allés à Mexico. C’était l’été où la télé nous lâchait. De temps en temps, elle se brouillait ou s’éteignait net.

Caro et moi nous installions sur une chaise (pourquoi donc ? N’avions-nous pas de canapé confortable, comme tout le monde ?) et, une orangeade fraiche à la paille dans une main, nous observions Père devenir successivement blême puis rougeoyant. Suant à grosses gouttes, il hurlait des noms d’oiseaux (ces noms d’oiseaux qu’il nous interdisait de répéter dans la cour de récré) et frappait la télévision, tantôt du plat de la main, tantôt avec un balai. L’antenne de la télé était devenue son obsession et il la torturait afin qu’elle lui renvoie autre chose que les images de « petites fourmis » que vous n’avez pas connues si vous êtes né après les années 80.

C’est quand les belges marquaient des buts et que la neige télévisuelle interrompait le suspense du match que le spectacle devenait le plus intéressant pour nous. Père, une cape nouée autour du cou, chaussé de chaussettes de sport glissées dans ses tongs courait en long et en large dans la maison en s’époumonant.

 

C’est un peu en l’honneur de cet été détonnant que Caro et moi avons décidé d’aller voir le match de samedi soir chez lui. Il nous a juste envoyé un message disant : « Costume obligatoire ». Trois fois hélas l’issue a été fatale. Mais quand Père regarde le foot, il fait 32 de tension. Et c’est bien drôle.

 

 

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« L’important, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »

Père est dans le plâtre.

Cette annonce suscitera de la part de mon lectorat deux types de réactions. D’une part, un soupçon d’indifférence (« Mais que veux-tu que ça nous fasse, que ton père se soit cassé la binette ? N’as-tu pas mieux à nous raconter en ce début de période estivale? »). Il s’agit là des personnes qui ne connaissent pas mon Paternel. D’autre part, il y aura énormément de compassion de ceux qui le connaissent. De la compassion pour son entourage.

Père a donc le poignet fêlé. Quand je lui ai demandé comment il s’était amoché de la sorte, il a juste répondu « Il est interdit de se moquer » Ce qui, en toute logique, n’a fait qu’attiser ma curiosité déjà vive.

Il se fait qu’il est monté sur une chaise afin de cueillir des cerises et que la chaise a basculé.

Mon père, en mode « warrior » est allé dormir. Au réveil, voyant que la douleur ne disparaissait pas, s’est rendu à l’hôpital. Là, le médecin lui a mis le bras dans le plâtre. Il lui a demandé s’il voulait qu’il lui réalise un plâtre noir, jaune et rouge. Père, fan des Diables, était tenté. Mais il a refusé. Parce qu’il se rend en France pour ses vacances et qu’il ne veut pas narguer les français « qui n’ont pas la chance d’avoir une aussi bonne équipe de foot que nous » (je cite).

Toujours est-il que le voilà immobilisé pour deux mois. Ayons tous une pensée émue pour Belle-Maman, qui va devoir le supporter l’été durant.

papou-cerise

 

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Marie-Christine Huart expose

J’ai retrouvé dans les archives de ce blog un article datant de février 2010. Dedans, je me moquais allègrement de l’esprit profondément pessimiste de ma mère, esprit qui transparaissait dans les intitulés de ses toiles.

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Mais vous n’êtes pas sans savoir que j’exabuse toujours un chouïa et que je suis toujours prompte à me moquer de mon entourage. En réalité, les toiles de maman sont une explosion de couleurs, un régal pour les yeux et pour l’âme. Et il se fait qu’elles sont en ce moment exposées pour la première fois (le début d’une longue carrière ?) dans une galerie de notre riante cité.

C’est à Namur-city, galerie Space (14, place Lillon), et vous pourrez les voir tous les jours de cette semaine, jusqu’à samedi, de 14h à 18h. Et pour ceux qui aiment picoler, il y aura un drink dès 11h ce jeudi premier mai. C’est moi qui servirai à boire, sans renverser les plateaux.

prek toal

« Prek Toal » (réserve d’oiseaux au Cambodge)

J’en profite pour vous montrer quelques photos prises par ma talentueuse soeur, Adèle Peers.

momanVisite guidée personnelle en présence de l’artiste.

danielUn des nombreux admirateurs

grignoteLà on voit que je préfère manger des cacahuètes plutôt que de discuter avec ma famille

Bonne visite à ceux qui n’y sont pas encore allés !

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Préfèrerais-tu (3)

A une époque, il y avait des « Préfèrerais-tu » dans les papiers de Carambar. Ma sœur Caroline et moi les compilions, et nous avons surtout gardé en mémoire le fameux « Préfèrerais-tu avoir des sourcils en frites ou une barbe en steak haché ? », que nous essayions d’égaler, voire de surpasser (notre égo ne connait aucune barrière).

Mère, nous entendant souvent jouer à ce jeu, essaya un jour d’y participer.

Nous en étions restées interdites.

 

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Toi le frère que je n’ai jamais eu

Quatre heures du matin. Mon réveil sonne. « Déjà ? » C’est alors que je remarque, depuis mes brumes vaporeuses, qu’il ne s’agit point de la douce mélodie de mon réveil mais de celle, identique, de mon téléphone. Numéro inconnu. Intriguée et pâteuse, je décroche.

« Alloooo ? » (voix provenant des tréfonds caverneux) « C’est qui ? »

L’inconnu (qui semble quelque peu aviné) : « C’est moi »

– Ah.

(silence)

J’ajoute, afin d’avoir plus de précisions sur ce « moi » énigmatique : « C’est quiiii ? »

– Benjamin Latour

-Oh

(Inconnu au bataillon de mes amis, de mes copains, de mes potes de bistro, de mes ex, de mes vues du moment, de mes collègues de travail, de tout quoi)

Il ajoute : « Benjamin Latour : ton frère »

Voilà qui m’aide mieux, tiens. J’ai un frère, maintenant. Qui s’appelle Latour. Et ce Benjamin doit préciser à sa soeur, qui lui répond à quatre heures du matin, qu’il est en fait son frère.

Agacé par le manque de réaction de son interlocutrice, il raccroche en concluant :

– « Putain, c’est bon, j’ai compris, rendors-toi Nath. Je te rappelle demain »

Nath.

Nath.

Nath.

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Merde. Aurais-je donc bien un frère ?