Fée du logis

Bref, on est allées chez Ikea

Oui, je suis allée chez Ikea un samedi après-midi pluvieux.

Si vous voulez savoir comment je me suis retrouvée dans ce pétrin, sachez que Caro m’a fait le chantage suivant : « Si tu veux avoir le droit de t’affaler dans mon nouveau canapé, tu vas devoir m’accompagner et donner un coup de main ».

Comme dirait Mélanie : « Aller chez Ikea un samedi après-midi de pluie, c’est un peu comme tirer la boule noire à Koh-Lanta ».

kho lanta

« Encore pour ma gueule »

Certes, il y avait grand monde et grande cohue dans ce magasin, mais notre mission était assez plaisante car, pour ramener un canapé, il est obligatoire de TOUS les tester. On s’est donc affalées dans toutes sortes de fauteuils en regardant passer les badauds.

« Franchement, vous n’avez rien de mieux à faire un samedi après-midi que d’aller chez Ikea? »

Quand on a enfin trouvé celui qui convenait, on se sentait si bien qu’on décidé qu’on resterait là jusqu’à la fin des temps. Ou du moins jusqu’à ce qu’un vigile nous jette dehors lors de la fermeture.

affalée canapé

« Dehors, les Romanos »

Seulement, la faim s’est très vite fait sentir et nous a extirpées des Kivik.

Comme il est de tradition dans la famille, nous nous sommes sustentées grâce aux fameuses boulettes de renne.

Mais, preuve que le Monde a basculé sur son axe, le plat avait changé.

sheldon cooper.gif« J’hyperventile »

D’abord, le nombre de boulettes n’était plus le même qu’avant.

Ensuite, hérésie parmi les hérésies, des carottes et des haricots garnissaient l’assiette.

On n’a pas apprécié du tout qu’ils ajoutent des vitamines dans notre plat et on l’a bien fait savoir, en s’en plaignant auprès de la caissière qui a haussé les épaules, et en commettant un geste fort prouvant notre mécontentement : nous avons laissé des légumes sur le plateau.

boulettes ikea

« Ils sont fous, ces Suédois »

Pour digérer, nous avons fait une micro-sieste sur des coussins, mais je dois bien reconnaître ce n’était pas l’idéal.

Pour une fois, nous n’avons pas perdu trop de temps à déambuler dans les allées et c’est fort heureux, comme vous pourrez le comprendre par la suite.

Nous sommes allées chercher les caisses contenant le canapé.

Comme les paquets étaient très encombrants, nous avons marqué un temps d’arrêt et de réflexion afin d’être bien certaines qu’elles rentreraient toutes dans la voiture de Père.

Selon notre expertise, elles rentraient.

Notre expertise admettait une marge d’incertitude, certes, mais si faible que nous sommes passées à la caisse.

sheldon maths

« Moi je dis que ça rentre »

Sous la pluie battante, nous avons commencé à charger la voiture.

Très vite, nous avons dû admettre que notre expertise avait ses limites, tout comme le coffre de la voiture.

Ce qui était fort fâcheux.

Bien entendu, nous avons imaginé plusieurs combinaisons possibles, mais le résultat restait sans appel : il nous faudrait deux trajets.

La situation était critique, mais elle semblait plaire à un homme qui, au lieu de nous aider à transporter les caisses qui pesaient le poids d’un cheval mort, nous observait, visiblement fasciné par notre entreprise vouée à l’échec, confortablement appuyé sur sa canne.

Nous avons appelé Père.

Pour lui expliquer la situation et lui demander si on pouvait, en sus de sa voiture, lui emprunter sa camionnette.

Père, loin de se gausser de nous, a proposé de nous porter main forte en nous amenant la camionnette, ce qui, quand-même, nous faisait gagner une heure de route (sinon Caro devait faire Liège-Namur avec la voiture puis Namur-Liège avec la camionnette pendant que je l’aurais attendue, assise sur ses cartons sous la pluie, seule sur le parking).

sous la pluie

« Je t’adore, ma petite sœur »

Nous avons cautionné cette initiative et Père a déclaré : « Je démarre tout de suite ».

On s’apprêtait à aller chercher un petit Fanta au distributeur quand soudain, surgies face au vent (glacial), deux vraies héroïnes de tous les temps : Barbara et sa fille.

J’ai crié : « Barbabra ! » et elle nous a dit : « Comment ça va, les filles ? ».

« Mal », qu’on a dit.

Et on lui a expliqué la situation.

Aussitôt, elle a déclaré : « Oh mais moi je vais vous aider. On n’a qu’à mettre une des caisses dans ma voiture et je vous l’amène chez vous ».

Là, avouez que le taux de probabilité pour que Barbara sorte du magasin en même temps que nous et pile à côté est si infinitésimal qu’on lui a déclaré qu’elle était le Messie d’Ikea.

Elle a apprécié.

 

messie

Caro lui a demandé : « Tu es certaine que le paquet rentre dans ta voiture ? ».

Barbara, la clope au bec et sans l’ombre d’un soupçon, a répondu : « J’en suis certaine ».

« Par contre, a-t-elle ajouté, il va falloir vider le brol qu’il y a dans mon coffre ».

L’homme nous observait toujours, de plus en plus conquis par la tournure que prenaient les évènements.

Muppet-show

« Ah les femmes »

On a appelé Père pour lui dire de ne pas démarrer parce qu’on avait croisé Barbara et qu’elle allait charger la caisse.

Il a eu l’air dubitatif, parce qu’il a dit : « Ok, mais appelez-moi quand-même si vous en avez besoin ».

On a déchargé le coffre de Barbara. On a soulevé la caisse qui pesait le poids d’un dinosaure.

La caisse était trop grande. Elle ne rentrait pas dans la voiture.

Le vieux du Muppet show souriait de plus en plus.

Une dame nous a dit : « Défaites le carton, vous gagnerez des centimètres ».

On a arraché les cartons à mains nues.

On a gagné que trois millimètres alors qu’il nous manquait quelques centimètres.

On a rappelé Père en lui disant qu’il faudrait quand-même qu’il se rapplique.

Il a dit : « Et si vous échangiez les caisses ? » (parce que dans nos explications il avait compris que la grande caisse rentrait dans notre voiture mais pas dans celle de Barbara). On a crié : « Tu es un génie ! ».

aladdin-genie.jpg

« Oui je sais »

Caro est allée rechercher sa voiture et l’a amenée sur la zone de chargement.

De là, on a échangé le contenu des deux coffres en transportant à bout de bras des caisses qui pesaient le poids d’un âne obèse.

Le vieux jubilait. Grâce à nous, sa journée était faite.

Là, j’ai eu un flash philosophique car, tout en portant la caisse qui pesait le poids d’un brontosaure j’ai déclaré : « En tout cas on a de la chance que ta voiture ne soit pas à l’autre bout du parking » (full people – samedi pluie – je dois vous le rappeler ?). A ma remarque, les deux autres ont répondu par un sourire crispé.

Grâce à cet échange, les deux caisses rentraient pile poil.

« Facile, Cécile »

Cette fois c’était bon, nous pouvions prendre la route avec les voitures remplies de jolis paquets.

MAIS Caro s’est exclamée : « Et toi Nathaliochka ? Où est-ce qu’on va te mettre ??? ».

C’était vrai, il n’y avait plus de place car on avait dû rabattre tous les sièges.

« Sorry, tu vas devoir rentrer en train »

A cet instant, je crois que le type qui nous observait depuis des années lumière s’est mis à faire une danse de la joie sur le parking. Il jubilait. Il ne se sentait plus. Et il n’essayait même pas de masquer sa satisfaction, ne fût-ce que par égard pour nous.

Une fois encore, Barbara nous a sauvé la mise en me proposant de monter dans sa voiture. Elle me jetterait à lustin-plage avec mon chargement.

Certainement qu’elle ne voudrait plus jamais ô grand jamais entendre parler de moi, mais en cet instant, le joie de ne pas rentrer à pieds sous la pluie était plus forte. Je suis montée dans la voiture.

Mélusine a dit : « Tu sais, maman, tu n’aurais pas dû jouer à l’Ange des parkings-Ikea, parce que maintenant il est tard, et quand je vais rentrer, mes cheveux n’auront pas le temps de sécher avant la nuit ».

Je m’en suis voulu, mais juste un peu. Car j’étais dans une voiture qui me ramenait chez moi.

Sur l’autoroute, Barbara m’a demandé : « Je dois prendre quelle sortie, pour aller chez toi ? ».

Et je ne savais pas.

Mélusine a demandé : « Dis maman, elle ne sait pas où elle habite, ta copine ? Tu crois que c’est normal ? »

Et Barbara lui a répondu : « Mais oui ma chérie, c’est normal, c’est Natha« .

Quand on a fini par trouver ma maison, rien n’était terminé car il fallait monter les caisses qui pesaient le poids d’un semi-remorque jusqu’à l’appartement.

Puis-je vous préciser que nous logeons au troisième étage sans ascenseur ?

Enfin voilà, tout ça pour vous dire que je suis allée chez Ikea.

 

 

Fée du logis

Petit incident domestique

Aujourd’hui, les plombs ont sauté.

folie

« Ding dong »

Non, pas ceux-là.

Les vrais plombs.

D’abord, les lumières se sont éteintes.

Puis mon grille-pain a émis une étrange fumée noire.

J’ai cru que ma tartine brûlait. Mais une odeur de cochon grillé a rapidement envahi toute la pièce. J’ai pensé qu’il était curieux que ma tartine sente le porc. Alors je me suis levée de mon tabouret et je suis allée inspecter mon appareil électroménager. Mes tartines étaient saines et sauves. Par contre, quelque chose collait dans le fond. Un objet.

J’ai retourné mon grille-pains afin d’en extraire l’objet, mais il avait fondu sur la résistance.

C’était une lampe de poche.

grille pain 2

« Comme c’est étrange, mon cher Watson »

Je vous vois déjà venir : vous vous imaginez qu’il s’agit d’une énorme lampe torche et vous vous demandez comment diantre elle a pu atterrir (et rentrer) dans un grille-pain.

scully-mulder-hangar

« Mystère et boule de gomme, Mulder »

Je vais vous expliquer :

Il s’agit d’une petite lampe qui sert de pointeur et de porte-clés et qui a la taille d’un petit doigt. Elle était posée sur une étagère qui se trouve au-dessus de mon grille-pain. Preuves que mon récit est PROBABLE, contrairement à ce que m’ont dit mes collègues quand je leur ai expliqué « Ce matin, ma lampe de poche est tombée dans mon grille-pain »

toast

grille pain

trait

Et d’où me vient cette lampe de poche ? Ca, c’est une autre chouette histoire.

Mais je vous la raconterai un autre soir.

(Cliquez sur le dark caniche pour le savoir)

caniche noir

grille pain 2
Fée du logis

Home-and-dog-and-cat sitter

 

grisou

 

Très chère Mère,

 

Je sais (enfin je crois) que tes intentions étaient bonnes quand tu m’as proposé de garder ta maison et tes animaux pendant que tu crapahutais dans les montagnes. C’est vrai, quoi. Je passe d’un studio à une maison avec jardin, étangs et piscine. Je peux même découvrir certaines merveilles de technologie que je ne connaissais pas : le lave-vaisselle (une des plus belles inventions de tous les temps) et la télévision (regarder des épisodes des Experts en mangeant de la Häagen-Dazs à même le pot, ça le fait bien)

Mais cette responsabilité, qui peut sembler alléchante à priori, draine avec elle son lot de tracas.

Voici un petit résumé de ce qu’il s’est passé ici durant ton absence :

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