Fan des enfants

On m’a menti

Si vous n’avez jamais manqué perdre un ou deux orteils tellement il fait froid le soir où l’on brûle le bonhomme hiver, si les poches de votre manteau n’ont jamais fondu à cause d’une flammèche perdue, alors il est clair que vous ne pouvez pas savoir à quel point le Grand Feu de Bouge est important pour tout bon namurois.

Vous ne pouvez pas le connaître de l’intérieur, dans votre chair glacée et vos yeux émerveillés. Vous ne pouvez pas savoir à quel point on se sent soulagé de savoir que le printemps reviendra, avec son lot de pépiements. Vous ne pouvez pas savoir que si vous ne parvenez pas à compter tous les feux de la région, rougeoyant au loin, non seulement vous serez encore plus pauvre que l’année qui vient de s’écouler, mais en plus les macralles, ces vilaines sorcières, vous jetteront des sorts et Dieu sait quelles autres misères.

C’est dans ce contexte (je tiens à planter le décor) que cet après-midi j’eus l’honneur immense d’être membre-du-jury-du concours-de-déguisements-organisé-par-la-confrérie-Royale-du-Grand-Feu-Traditionnel-de-Bouge.

Nous avons été reçus comme des princes, sandwiches et verres de coca à l’appui, et, très vite, les instructions nous furent données. « Les enfants monteront sur scène, se tourneront vers vous en tenant à la main une pancarte portant leur numéro de passage. Vous donnez à chacun une cotation sur dix. Ensuite, quand les 728 enfants seront passés (naaan, je déconne), le Grand Allumeur viendra vous chercher dans sa voiture et vous emmènera chez lui afin que vous délibériez dans le calme et la discipline »

C’est à ce stade des explications que mon attention s’est focalisée, incapable de se concentrer sur la suite des évènements. « Le Grand Allumeur viendra vous chercher dans sa voiture ». A l’entente de cette dernière phrase, je me suis dit que j’avais eu raison de venir, que dans la vie, les personnes qui dépassent leurs aprioris sont toujours récompensées. Mon PEH (Plan d’Elargissement d’Horizons) allait fonctionner, je le sentais.

Certes, je devrais voir défiler des princesses roses et des chevaliers dans des cris stridents d’enfants, mais le Grand Allumeur nous serait présenté. Le jeu en valait la chandelle.

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que j’ai savouré une victoire : je ne suis plus une enfant déguisée en papillon et effrayée par ces vilaines têtes d’adultes mais du bon côté de la barrière, du côté de ceux qui disent « Bonjour Barbara, allez fais-nous un beau sourire petite chérie. C’est quoi ton déguisement ? Un chacal ? Qu’est-ce que tu dis ? Un chat ?! Ah bon (Rentre chez toi, Barbara, les chats n’ont pas les yeux dégoulinants, tu le diras à tes parents la prochaine fois qu’ils voudront égayer ton déguisement acheté à trois euros chez Wibra).

Quand tous les enfants sont passés, j’ai attendu mon dû. Mais on est venus nous annoncer « Le Grand Allumeur a disparu. Il fait parfois ça : il arrive puis il repart sans prévenir, oubliant qu’il doit attendre les membres du jury ». Ce qui, je dois dire, m’a un peu inquiétée quant à l’âge du Grand Allumeur, frappé d’un Alzheimer foudroyant. Ou alors on m’a menti. Le Grand Allumeur n’existe pas.

Je fus déception.

Mais au moins aujourd’hui, j’ai ouvert grand les portes de ma perception. Et je n’en suis pas peu fière.

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Je voudrais profiter de cet article pour vous montrer la bande annonce du film « La cinquième saison », que j’ai eu l’occasion de voir et dans lequel joue une de mes amies. Ce film superbe et anxiogène tourné en région namuroise m’a bouleversée, parce qu’il a réveillé toutes mes angoisses profondes (charmant), et qu’il montre extrêmement bien cette tradition de géants et de grands feux dont je viens de vous parler.

Ensuite, pour agrémenter le tout, voici quelques photos de Mélanie Godin, prises à Binche, que je trouve d’une beauté émouvante.

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Et je terminerai par la preuve irréfutable que, pour ceux qui en doutent encore, tout ce que je raconte est vrai. Si, si, regardez bien, je suis cachée derrière le bonhomme de neige.

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Fan des enfants

Pour l’amour de la science

Si j’ai répondu « Je suis des vôtres » à Dominique F. lorsqu’elle a expliqué : « Samedi après-midi, je vais être jury d’un concours de déguisements pour enfants au comité du Grand Feu de Bouge mais il nous manque une personne », c’est pour trois raisons. Si je vous les expose ici, ce n’est pas parce que je voudrais me justifier, non. Mais j’aimerais décortiquer les méandres de mon raisonnement au cas où l’on me croiserait accidentellement au moment où je déclarerai que j’attribue 7 points seulement à cette coccinelle parce que son antenne droite est un peu « châlée ».

Et puis oui c’est vrai,  j’admets que d’habitude je tiens à entretenir mon aura de jeune femme rock and roll, aura qui sera quoi qu’il advienne aujourd’hui entachée.

Si j’y vais, c’est :

De un parce qu’on peut lire partout sur Facebook que Lao Tseu a dit : « L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne ». Et qu’en tant qu’adepte des Grandes Sagesses, je suis religieusement l’enseignement que Lao Tseu diffuse sur les réseaux sociaux.

De deux parce qu’il est grand temps que je reprenne en main un programme qui faisait partie de ma vie et que j’avais intitulé le PEH (Plan d’Elargissement d’Horizons) et qui consistait à suivre des activités qui sortent des sentiers battus, qui m’emmènent hors du cadre connu de mes quatre murs. Il y avait à la clé, souvenez-vous, l’opportunité éventuelle de rencontrer au détour d’une roller parade, d’un bal folk ou d’un concours de flamiches de beaux et ténébreux célibataires. Oui, quand on ouvre son esprit, il faut tout de même une carotte pour l’âne, un stimulant, une possible récompense. Autant l’ouverture de l’esprit n’est pas une fracture du crâne, autant la femme célibataire a besoin de chimères pour avancer.

De trois parce que, en tant que chroniqueuse de ce blog, je tiens à l’alimenter de mes palpitantes découvertes.

Si je me rends cet après-midi à un concours de déguisements pour enfants, c’est donc poussée avant tout par mon amour de l’ethnologie.

Ne vous y méprenez pas.

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Aujourd’hui c’est samedi, je ne dessine pas. Mais je pense me faire pardonner en vous montrant ceci. Un bébé déguisé en brocoli. Avouez que ça vaut son pesant de cacahuètes.

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Compassion

Ce samedi après-midi, avant de « se déguiser et de boire du chocolat chaud en écoutant Shakira » avec Axelle (je ne doute pas un seul instant que vous soyez jaloux d’un tel programme),je l’ai emmenée au cinéma.

Nous avons donc courageusement bravé les flocons et les moins cinquante degrés qui règnaient dehors afin de nous diriger vers la salle de cinéma.

Sur le trottoir se trouvaient quatre sdf qui faisaient la manche, assis dans la neige.

No comment.

(09 janvier 2010)

Fan des enfants

La vie secrète des petits barakis.

Hier, dans le train, un couple de barakis s’est installé à côté de moi avec leur petit garçon de quatre ou cinq ans.

Pour vous dire à quel point ça ne volait pas haut, ils avaient eu au préalable une discussion sur le pipi. Le père avait répliqué à son fils : « T’aimerais bien que j’te pisse dessus ? Si t’es pas sage, j’le fais, j’te pisse dessus. » Heureusement, le petit, ayant plus d’un tour dans son sac, a détourné l’attention de ses parents (et celle des passagers tétanisés) sur un autre sujet…

Fan des enfants

Adoption

Serait-ce dû à la belle couronne de lierre qui ornait ma tête ce jour-là ? Au fait que je portais un sympathique bébé dans les bras ? A mon charisme naturel ?

Toujours est-il que mes deux petites voisines ( à qui je n’avais jamais adressé la parole car elles ne sont que de « vilaines petites filles bruyantes ») m’ont demandé ceci, de but en blanc :

Je précise que leur père était non loin d’elles, visiblement pas fâché de leur proposition. Et aussi que, comme cela ne l’est pas montré sur le dessin, elles se trouvent deux jardins plus loin, ce qui rend l’escalade de la haie impossible. Ouf, sauvée.