Amie fidèle

Comment voyager avec un sapin.

« Avez-vous déjà voyagé avec un sapin ? »

Cette question, pouvant paraître au premier abord absurde, n’en reste pas moins véritable, et, si je vous la pose, c’est que cela m’est arrivé pas plus tard qu’hier.

Mon ami Gaétan (mais vous pouvez l’appeler Jean-Claude) a eu la soudaine envie de ramener un souvenir de notre petite escapade française.
Certains ramènent une boule à neige, un porte-clés, un timbre ou de la bouffe. Jean-Claude, lui, a flashé sur un pin. Mais pas n’importe quel pin, non. Un pin qui n’existe pas du tout en Belgique (mon oeil en parachute) et qu’il a fallu ramener en voiture, sur le siège arrière, c’est-à-dire juste à côté de moi. C’est donc dans ce contexte que j’ai voyagé plus de six heures d’affilée aux côtés d’Etienne le sapin.

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(Ci-dessus : Jean-Claude et Etienne)

Heureusement, Etienne est de bonne compagnie.

  • Il ne perd pas ses épines (je dois bien avouer ma crainte de me voir transformée en « Gaston sapin » à l’issue du trajet)
  • Il ne souffre pas du mal des transports.
  • Il n’a même pas demandé à se soulager la vessie sur une aire d’autoroute.

Par contre, il a explosé notre budget « Flunch » en demandant du dessert après avoir ingurgité son vol-au-vent avec frites.

Mais nul n’est parfait en ce bas monde et je ne voudrais surtout pas avoir l’air de jeter la pierre à ce brave Etienne.

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Gaston sapin

(Ci-dessus : Gaston Lagaffe avait fait la connaissance d’Etienne bien avant moi)

Amie fidèle

L’affaire DSK (par Raoul, rat d’appartement)

A moins de vivre sur une île déserte, nul ne peut éviter d’aborder le sujet DSK et d’y apporter son inutile opinion.

Et en parlant d’inutile opinion, je voudrais vous retranscrire la discussion qui a
dernièrement eu lieu entre Jeanine et Thérèse, ces deux êtres humaines toujours
au fait de l’actualité. Elles y ont apporté un éclairage tout personnel.

J’étais là. Je peux donc témoigner.

Voici le postulat de départ énoncé par Jeanine : en une vie entière, elles ne gagneraient pas ce qu’il gagnait mensuellement.

Thérèse, connaissant le sens de l’exagération dantesque de son amie, douta de sa parole : c’était un peu fort de café. Elle décida donc d’ estimer ce qu’elle gagnerait en une vie. Elle calcula donc à voix haute : X euros par mois (elle refuse que je transmette publiquement
son salaire de bibliothécaire, par peur de paraître misérabiliste) fois 12, fois X années de carrière. Ce chiffre final, elle l’a divisé par trois, multiplié par huit, diminué de deux, mis au carré. Elle a reporté huit et a obtenu un chiffre nettement en dessous du salaire mensuel présumé de DSK. La logique de calcul de Thérèse-Nathaliochka est un grand mystère pour moi, et l’a toujours été pour les pauvres professeurs de mathématiques qui ont jalonné sa scolarité,
mais je pense néanmoins que Jeanine a raison : une vie de dur labeur (à
dessiner des p’tits miquets) et à assumer de grandes responsabilités (ranger
les livres de Danièle Style à la lettre S) ne suffirait pas à battre à plates
coutures le salaire par mois de DSK.

Thérèse dût se rendre à l’évidence : son amie avait raison. Et ça, ça la fout mal. Ca les a cassées. Foutues en l’air. Ca leur a ruiné le moral.

C’est dingue ce que les êtres humains peuvent être venaux, parfois.

Heureusement nous les rats sommes bien au-dessus de tout ça.

Amie fidèle

Genèse d’une rencontre (par Augusta)

Mon être humaine a été jeune. Oui, je sais, vous vous dites « Trente ans ça l’est toujours, quand-même », et ce n’est pas moi, du haut de mes 423 années célestes, qui vais vous contrarier. Ce que je voulais dire, c’est que mon être humaine a été « plus jeune que maintenant ». Elle a été adolescente. Elle a eu les cheveux longs, a traîné en sandales et robes longues à fleurs dans les couloirs de l’école. Elle a eu le nez percé, elle a dit « Fuck » et aussi « C’est d’enfer ».

Et, quand elle était adolescente, Nathaliochka s’est prise de passion pour le théâtre. Au point même qu’elle suivait une option scolaire qui la préparait aux planches plutôt qu’aux maths ou à la chimie. C’est dans ce conservatoire qu’il y eut, lors d’une rentrée scolaire, l’arrivée fracassante de « la nouvelle prof de déclamation ». Smal de son nom. Geneviève de son prénom. Cette dernière réussit d’entrée de jeu cet exploit : faire taire ses trois élèves et transformer leur verbiage incessant en mâchoires tombantes, accompagnant fort joliment leur « têtes de poissons hors de l’eau ». Tant ses méthodes innovantes désarçonnèrent mon être humaine et ses deux comparses.

Car surprenante elle était, balayant tout sur son passage. Inédite, sarcastique, dynamique, décoiffante. Et excellente. Une bourrasque.

Si Nathaliochka a incarné « André des PMC » et inventé une chanson sur le tri sélectif des poubelles affublée d’un sac en plastique bleu, c’est grâce à Geneviève. Si elle sait bien imiter la crevette rose au fond des océans, c’est grâce à Geneviève. Et si elle ressent de l’intérieur le vécu d’un porte-manteau, c’est encore grâce à Geneviève.

Vous l’aurez donc compris, ce professeur fut déterminant dans la façon dont l’esprit de Nathaliochka s’est forgé. Loin de moi l’envie de disculper Nathaliochka et de faire porter cette lourde responsabilité à Geneviève. Je dirais, pour être plus nuancée, qu’il s’est agit là de la rencontre de deux âmes frapadingues.